—Ma petite, vous avez tout le temps de réfléchir et d'attendre... Pendant un mois ou deux, nous marcherons comme nous sommes... Ce n'est guère qu'en juin qu'il nous faudra nous décider à un parti, car mon associée devra aller prendre les eaux.
Et, changeant de ton:
—Maintenant, vous m'excuserez, mais j'ai de l'occupation... Si cela vous dit, venez avec moi; sinon, je suis forcée de vous renvoyer.
Mlle Armande n'hésita qu'un instant.
—Mettez-moi toujours au courant, dit-elle à voix basse, moitié curieuse, moitié honteuse.
Une idée la traversa.
—Si vos élèves se doutaient!...
Mme Garnier fronça les sourcils avec mécontentement et répondit:
—Naturellement, elles ne se douteront jamais de la vérité... Je n'ai rien à me reprocher... Aucune institutrice ne saurait être plus correcte à leur égard. Ma vie privée ne les regarde pas, du moment que je la tiens secrète et que j'évite le scandale... Ah! ma chère, au bout du compte, bien des mères ne peuvent pas en dire autant!