—Ecoutez!... Je suis doux de caractère, pourtant je me soucie fort peu d'être battu par ma femme... et il paraît qu'elle rossait son premier époux!
—Quelle calomnie et quelle sottise! c'est bien plutôt lui qui se livrait à des sévices sur elle!
Renaudin prit un air naïf.
—Ah! c'est possible, après tout, je croyais que c'était l'inverse. Et puis, tenez, je crois que cela me déplairait encore davantage... L'idée que ma femme a pu être corrigée par un autre me serait insupportable.
Mme Darquet eut un léger éclat de rire.
—Vous aimez mieux que ce soit vous qui vous livriez à cet exercice?
—Non, mais je préfère un corps indemne... à tous points de vue, d'ailleurs.
Mme Darquet redevint sérieuse.
—Tout cela, ce sont des plaisanteries ou de méchants potins... Fernande n'a eu que des démêlés d'intérêts avec son mari, qui était un triste sire.
—Ah! oui, fit Renaudin avec détachement. C'est lui qui avait la fortune... et le mauvais goût de vouloir la garder après la séparation.