Sous l'éclairage violent du gaz, dans la chaleur torride de la pièce peinte en rose-chair, au dallage en damier rouge et blanc, la cuisinière, assise à terre, tenait sur ses genoux le petit corps renversé, tordu de convulsions d'une blondine décolletée, vêtue de blanc. La femme bandait solidement avec un torchon, le bras de l'enfant d'où s'échappait du sang abondamment. De larges gouttes maculaient le carreau.
Tombée sur une chaise, Maria se lamentait, tandis que Valentin et les autres domestiques couraient fermer toutes les portes, afin que les cris stridents de Baby ne parvinssent pas jusqu'à la salle à manger.
La cuisinière hurla, menaçante.
—Allez-vous vous taire, petite bougresse!
L'enfant effrayée ne sonna plus mot. Ses yeux clairs errèrent égarés autour d'elle; des sanglots convulsifs secouaient sa petite poitrine.
La cuisinière se releva et l'assit rudement sur une chaise.
—On dirait qu'on a saigné un cochon dans ma cuisine! bougonna-t-elle.
Maria, qui avait repris ses sens, se rapprocha.
—La bigre de mâtine! s'écria-t-elle aigrement. Elle avait bien nécessité de nous donner ce tintouin, aujourd'hui!
—Comment cela lui est-il arrivé? demanda Mlle Armande toute bouleversée.