Maurice secoua cette légère étreinte avec une brusquerie inexplicable.

— Ah çà, passe-t-on la nuit dehors ?… On gèle ! fit-il maussade et soudain grelottant.

Laumière s’étonna.

— Vraiment, tu as froid par un temps pareil ?

Mais, justement, le ministre devant retourner à Paris, Mme Darquet donna le signal du départ et délivra Deber d’une réponse. On rentra dans les salons copieusement illuminés. On prit le thé en subissant les harmonies d’une dame surgie d’on ne sait où. Puis, ce fut la libération, la montée vers les chambres.

— Trop d’électricité ! estima Hubert Voisin contrarié, dans les couloirs spacieux, semés de nombreuses lampes.

Cependant, à peine les invités avaient-ils disparu, chacun enfermé sagement dans son appartement, qu’une demi-obscurité régna, à peine éclaircie de temps en temps par une lueur amortie, tombant de verres bleus.

Dans le silence, le calme de la nuit, Maurice Deber sortit furtivement de sa chambre et s’assit dans un recoin garni d’une banquette, attenant à la pièce habitée par Marie-Annette de Montaux. Quelques bribes de phrases saisies sur la terrasse lui faisaient supposer que c’était de ce côté que sa curiosité douloureuse devait veiller.

Il tressaillit, fustigé par le doux éclat de la voix de Cady répondant à Marie-Annette…

Les nerfs tendus, l’effort d’écouter faisant couler la sueur sur son front et battre tumultueusement le sang dans ses oreilles, il tentait vainement de distinguer un accent masculin dans le bourdonnement confus et fréquemment interrompu qu’il percevait…