Il y eut des bruits de pas, des craquements de meubles… Il imaginait des choses invraisemblables, immondes… qu’il croyait parfois saisir nettement… puis, il retombait dans le néant, ne sachant même plus s’il avait réellement reconnu la voix de Cady…
Un gémissement, un bruit de pleurs, lui parut avoir traversé la muraille…
Il se redressa, affolé, éperdu. Il courut à la porte de la chambre, colla son oreille à la serrure, et se releva, avec un cri d’horreur et de triomphe… Cette fois, il avait entendu !… Il avait reconnu la voix de Cady, mêlée à celle d’Hubert Voisin !…
D’un coup d’épaule absurde, irréfléchi, il essaya stupidement de faire sauter la porte, tandis que machinalement ses doigts tournaient le bouton, qui céda… la porte n’était point close !…
Il pénétra précipitamment dans la chambre, livide, égaré.
— Misérables !…
Demi-nue, Marie-Annette se souleva sur le lit, stupéfaite de cette invraisemblable apparition. Hubert Voisin se tenait debout, tourné lui aussi vers cette irruption. Cady tout habillée, n’ayant point quitté sa robe du soir, était assise à quelque distance, sur une chaise longue. A la vue de Maurice, ses prunelles s’illuminèrent, un sourire crispa ses lèvres. Elle ne proféra pas une parole, et regarda, ses yeux indéchiffrables largement ouverts.
Le visage brusquement contracté, rendu hideux par la colère, à présent que la compréhension lui venait, Voisin avait fait deux pas vers l’intrus.
— Voyou, brute !… Que venez-vous faire ici ? bégaya-t-il.
Saisie d’une folle terreur, Marie-Annette poussait des cris aigus, appelant son mari qui occupait une chambre contiguë.