— Ah ! c’est madame !… Madame va bien ?… Il y a si longtemps qu’on n’a pas vu madame !…
Cady répétait avec impatience.
— Dites-moi donc si monsieur est venu ?…
La concierge secoua la tête.
— Monsieur ?… Non, madame, non… Monsieur n’est pas venu depuis madame… Mais, l’autre monsieur est revenu.
Fiévreuse, sans l’écouter, Cady demanda :
— Des lettres ?… Il n’y a pas de lettres ?… Rien ?…
— Non, madame, aucune lettre… Madame n’a guère l’habitude d’en recevoir ici…
Une sensation d’écroulement, d’effondrement envahissait Cady. Ainsi, ses pressentiments l’avaient trompée, ses espoirs étaient déçus ?… C’était encore, toujours, la nuit, les ténèbres… Georges disparu à jamais de son horizon… Oh ! le retrouver !… Lui dire : « Je suis libre ! je suis à toi ! »… Où aller ? Que faire ? Elle ne savait rien de lui, de sa vie habituelle, de ses occupations, de ses fréquentations… Rosine Derval ?… Oui, elle avait songé à demander à l’artiste si celle-ci savait où se trouvait le jeune homme… Mais Derval n’était pas à Paris, les journaux avaient annoncé son départ pour Vienne, Budapest…
Fernande Voisin ?… Ah ! Cady la connaissait assez pour être certaine que jamais elle n’avouerait cette amitié interlope. Eût-elle su où Georges se réfugiait, elle ne l’eût pas dit… Par Marie-Annette et ses multiples relations, peut-être serait-on parvenu à obtenir quelque indication… Les de Montaux étaient à Biarritz !…