Cady ne répliqua rien. Un long moment de silence s’écoula. Enfin, Mlle Denise, qui jetait parfois un coup d’œil furtif sur la jeune femme, s’aperçut qu’elle pleurait, sans bruit, sans geste.

— Cady ! ma chère Cady, qu’avez-vous s’écria-t-elle, pleine d’émoi.

Cady haussa les épaules.

— Ah ! je suis absurde, je le sais bien… Que voulez-vous, c’est plus fort que moi… Je ne peux pas me consoler de son abandon…

Mlle Denise la regardait fixement, les yeux élargis, sans comprendre.

Cady jeta, avec une légère impatience :

— Oui, oui, vous n’y êtes plus !… Je parle de mon mari, de Victor.

Mlle Denise laissa tomber son ouvrage et balbutia, véritablement éperdue. Son âme simple, sans complications, s’effarait dès qu’une lueur de celle de Cady lui apparaissait.

— Mon Dieu ! vous l’aimez donc encore ?

La jeune femme posa ses coudes sur ses genoux et, courbée, cacha son visage dans ses mains.