— Allons faire un tour sur le boulevard, proposa Cady. Nous entendrons la musique de loin. Nous n’approcherons pas du jardin, car vous n’imaginez pas combien c’est provincial ici… Toutes ces bonnes gens rangés, bien sages, dodelinant de la tête aux éclats du piston ou du tambour, cela me porte sur les nerfs.
— En effet, reconnut Deber, l’endroit est plutôt paisible. Mais pourquoi vous y êtes-vous éternisées si vous vous y ennuyiez ?… J’avais dit à Denise de vous emmener à Nice, à Cannes ou à Saint-Raphaël dès que votre santé serait remise.
Mlle Denise s’excusa.
— Je le lui ai proposé ; elle a refusé.
— Nous étions parfaitement bien ici, déclara Cady. J’adore les endroits tranquilles maintenant, et j’ai fait de merveilleuses promenades aux environs… Denise n’étant pas très bonne marcheuse et ne pouvant pas m’accompagner, c’était charmant de ne rencontrer personne pour s’étonner de me voir seule…
Elle s’interrompit.
— Parce que tout le monde, ici, m’appelle « mademoiselle ! »
Mlle Denise affecta de soupirer.
— Au lieu qu’on me donne d’insolents « madame » ! Vraiment, chacun croit qu’elle est ma fille.
Cady l’embrassa.