— Vous aussi ? Comment, ce n’est pas assez qu’il soit le gigolo de Rosine Derval et l’amant de ma femme ?…
» Tu comprends que je l’ai pressé de questions, non à propos de Derval, cela m’indiffère, mais au sujet de Fernande… Cette pauvre femme est inouïe, elle est convaincue que son mari ne se doute de rien, et lui, qui dispose d’une police supérieure à celle de la Sûreté, tu penses s’il ignore quoi que ce soit… Pas une fois Fernande ne s’est offert un joli jeune homme sans qu’un dossier fût immédiatement établi, et vînt grossir la collection.
Cady réfléchissait.
— En somme, quel but a Voisin en la mouchardant ?
— D’abord, il aime savoir… Ensuite, il y a entre sa femme et lui pas mal de cadavres…
« A ses débuts, Fernande était de moitié dans toutes ses opérations, et dame ! elle en sait trop long pour qu’il ne soit pas bien aise de la tenir si elle s’avisait de se rebiffer et d’essayer de lui jouer de sales tours… Comme elle n’a absolument rien à elle, un divorce serait l’écroulement… Elle retomberait dans la sombre dèche où se trouve sa mère, dans laquelle elle a vécu pendant toute sa jeunesse. Et Dieu sait qu’Hubert possède vingt fois ce qu’il faut pour faire prononcer un divorce de plano…
Puis, revenant à l’aventure de sa cousine.
— Alors, c’est pour Félini que tu as voulu te tuer ? Pourquoi ? Tu l’aimais ?… Vous étiez amants ?… et il t’a plaquée ?
Cady ayant raconté l’intervention de Maurice Deber, Marie-Annette hocha la tête.
— Voilà un individu dont je te conseille de te garer… Il est hypocrite et violent… Je le crois capable de tout… Et puis, si peu Parisien !…