— Ce qui ne doit pas être, apparemment ?
— Ce qui ne doit pas être, répétai-je gravement.
Et, après un silence, je repris d’un air profond :
— Il faudrait que O’Silva poussât la sultane à quelque démarche véritablement compromettante.
— Cela est aisé à dire, mon cher. Myria est peut-être vertueuse.
— Oui, mais le collier est resplendissant comme un ciel étoilé par une belle nuit ! Toi-même, Lorenza, tu résisterais avec peine à un tel éblouissement.
— Eh ! il ne s’agit pas de moi, répondit-elle. Tiens, laisse-moi te dire mon avis là-dessus : tu aurais cent fois mieux fait de ne point te mêler de ces intrigues dangereuses et de me donner le collier, tout simplement.
— Qui sait, lui dis-je, si tu ne l’auras pas quelque jour ?
Au même instant, on nous annonça une visite. C’était S. E. le prince de Rohan, qui ne passait jamais une journée sans me voir. Je me levai avec un air de condoléance approprié à ses mélancolies, car il était fort sombre depuis quelque temps. Sangodemi ! je vis entrer le prince en lévite courte, la lèvre allumée, l’œil émerillonné, le visage épanoui, fier comme Artaban, pareil à Malborough partant en guerre. Sa joie était telle qu’il en perdait le respect. Il oublia de me baiser la main et ne put que s’écrier :
— Ah ! mon cher maître !