— Qu’importe !

— Vous croyez qu’Elle vous mariera en son lieu et place ?

— J’en suis sûr.

— Ma foi ! dit le père, ne trouvant pas d’autres raisons à m’opposer, si Lorenza y consent…

Je la regardai d’une telle façon qu’elle ne put s’empêcher de sourire.

— Qui l’aurait dit ? fit-elle.

— Moi ! répondis-je. Faites votre barbe, beau-père. A vos toilettes, mesdames ! On ne fait pas attendre un cardinal.

Tout le monde se dispersa. A midi, nous étions rassemblés. J’avais des palpitations de cœur et regardais de tous côtés, redoutant un contre-temps. Comme l’église était peu éloignée, on avait jugé les voitures inutiles. Ma belle fiancée descendit de sa chambre, rayonnante de grâce et de beauté. J’étais muet, inondé d’une folle joie. Il me tardait qu’elle fût à moi, pour l’emporter ! Son père lui donna le bras ; je conduisais la robuste mère, et Lorenzo nous suivait avec quelques voisins qui devaient servir de témoins. Saint-Sauveur-des-Champs, dont les vitraux coloriés étincelaient de soleil, était plein d’une lumière mystérieuse. Nous entrâmes dans une petite chapelle de la Vierge, qui avait une bonne réputation pour les mariages.

En attendant son Éminence, qui ne pouvait tarder à venir, je m’agenouillai près de Lorenza, le cœur débordant d’une adoration que je n’adressais qu’à elle.

Elle ne s’y méprit pas.