Outre la Corne d’Or, la ville possédait encore d’autres ports.
On peut citer, sur la Propontide, le port de Julien ou Sophien (Kadriga Limani) et le port de Théodose ou d’Eleuthère (Vlanga Bostani[25]).
[25] Le nom de Vlanga ou Blanca provient selon les uns d’une princesse nommée Bianca, qui y avait son palais, et selon les autres de Blaquos qui aurait transformé l’ancien port en un jardin potager.
Ces deux ports ont été comblés par les terres apportées par les eaux et par les déblais des fondations nouvelles. Sur l’emplacement du dernier se trouve aujourd’hui un jardin maraîcher qui produit une grande quantité de légumes.
Ce port se trouve à l’embouchure de la vallée du Lycus qui commence sur les collines voisines des murailles. Il naît en dehors de la ville et en est séparé par une poterne située près de la porte de Sainte Cyriaque (Soulou Koulé Kapoussou) actuellement murée. Les eaux continuent leurs cours entre la colline où se trouvait l’église des Saints-Apôtres et celle de Xérolophos. Puis passant par le forum Bovis (Ak Serai), le fleuve arrivait à Vlanga où il se jette à la mer. Les terres apportées par les eaux avaient déjà, au temps des Byzantins, comblé une partie du port de Théodose. L’entrée de ce port était gardée par des grilles en fer fixées à deux tours. Une de ces tours, nommée Contoscopium, servait à la surveillance du port. Il est probable que, pendant le siège de Constantinople, les navires génois, venant au secours des Byzantins, sont entrés dans un de ces ports.
III.—LES ENVIRONS DE BYZANCE
Des champs, des jardins potagers, des prairies entouraient la ville. Le peuple venait s’y promener. On y voyait de nombreux monastères souvent désignés sous le nom d’ayasma (lieu sacré). Le monastère appelé actuellement Baloukli renfermait lui aussi une source sacrée. Les empereurs, qui habitaient le palais des Blaquernes, villégiaturaient en été dans les jardins de ces monastères[26].
[26] Ce monastère contient une curieuse image de sainte Irène. Quand on creusa les fondements de l’église actuelle en 1833, on découvrit les fondements de l’ancienne basilique.
Hors de la porte de Xyloporta, un village nommé Cosmidion (Eyoub) s’étendait jusqu’au fond de la Corne d’Or. D’après plusieurs cartographes du moyen âge, ce village possédait une jolie église, plusieurs châteaux et des fontaines. Un cirque en bois (xylokerkos) s’élevait à côté du monastère des saints Cosme et Damien: c’est probablement de là que vient le nom de Cosmidion. C’est un lieu sacré pour les musulmans; ils y trouvèrent en effet le tombeau d’Aba-Eyoub-Ansari, un des compagnons du Prophète, qui vint à Byzance et y mourut pendant la première grande campagne arabe, en 672 après J.-C. Tous les musulmans cherchent à faire déposer leur dépouille mortelle dans les immenses cimetières qui entourent le tombeau du saint.
L’autre rive de la Corne d’Or était peuplée également. Il y avait à Galatiani (Sutludje), un ayasma réputé pour guérir la stérilité et rendre abondant le lait des nourrices: de là son nom de Galatiani.