Une partie de l’arsenal actuel (Tersané)[27], qui se trouve près de Haskeuy, était appelée autrefois Paraskeuè et aussi Keramidia (quartier de Piri Pacha), parce que l’on y fabriquait des briques et des tuiles. Sur la hauteur s’élevait Sainte-Paras Kévi. Près de là se trouvait l’Ok Meidan (place aux flèches), une plaine où les anciens Turcs s’exerçaient au tir à l’arc.
[27] Les Turcs ont tiré ce nom du mot Darcina, dont les Espagnols se servent pour désigner les chantiers. L’origine de ce mot paraît être Dar-u-ssnaa, mot arabe qui signifie atelier.
Galata, jadis une des quatorze régions de Byzance, fut habité dans la suite par les Génois. C’était une citadelle entourée de murailles percées de douze portes et garnies de plusieurs tours. Ces portes étaient appelées par les Turcs, 1, Tophané Kapoussou; 2, Azeb Kapoussou; 3, Kutchuk Koulé Kapoussou; 4, Buyuk Koulé Kapoussou; 5, Meit Kapoussou; 6, Kurkdji Kapoussou; 7, Yag Kapan Kapoussou; 8, Moumhané Kapoussou; 9, Kiredj Kapoussou; 10, Egri Kapoussou. Les portes des murs de séparation s’appelaient: 1, Kutchuk Karakeuï Kapoussou; 2, Mikhal Kapoussou; 3, Meïdanjik Kapoussou; 4, Klisee Kapoussou; 5, Itch Azeb Kapoussou; 6, Sarik Kapoussou.
Le nom de Galata vient, d’après quelques auteurs, des vacheries qui y existaient autrefois. On l’appelait aussi Sycae (figuiers), à cause des figuiers qui y poussaient en grand nombre. Certains auteurs attribuent l’origine du nom de Galata aux Gaulois qui y résidèrent et que les Grecs appelaient Galates, mais cela ne semble pas très fondé, et l’étymologie la plus vraisemblable paraît être celle qui s’explique par les vacheries de Galata (lait). On l’appelait aussi Justinianopolis. Quand il fut indépendant de Byzance, Galata devint une place forte.
Pl. 11.
| Sainte-Sophie.—Galeries supérieures du Gynécée. | Sainte-Sophie.—Arcades supportant les galeries supérieures. |
Sur le point le plus élevé des murailles se dressait une tour nommée Tour du Christ (Galata Koulessi). Quoique la partie supérieure en ait été démolie, la tour a été conservée jusqu’à nos jours. Elle avait été construite sous Zénon (474-491), puis surélevée à deux reprises en 1348 et en 1446. La tour possède aujourd’hui un escalier en pierre, de 146 marches prises dans l’épaisseur du mur et comprend intérieurement cinq grands paliers en bois. Au sommet de la tour s’élevait une croix. Un incendie détruisit le toit en 1794; le monument fut ensuite réparé sous le règne du sultan Sélim. En 1824, devenu encore une fois la proie des flammes, il fut réparé par le sultan Mahmoud. La tour n’a plus son toit primitif. Elle est aujourd’hui occupée par des gardes chargés de veiller aux incendies.
Pour récompenser les Génois qui avaient aidé les Byzantins à secouer le joug des Latins, l’empereur Michel Paléologue leur avait donné Galata et le faubourg de Péra. Une fois établis (1267), les Génois se placèrent sous l’autorité d’un podestat nommé par la république de Gênes. C’est seulement en 1303, sous Andronic, qu’ils obtinrent l’autorisation d’entourer leur ville d’un mur d’enceinte; et ce n’est qu’en 1341, après bien des difficultés, qu’ils parvinrent à transformer leur mur en une forteresse munie de tours. L’ancienne ville génoise est aujourd’hui le centre du commerce de la capitale.
Pendant le siège, les Génois avaient conclu avec le Sultan un traité de neutralité et avaient ainsi pu sauver leur vie et leurs biens. Mais Mehmet II, instruit de l’infidélité des Génois qui avaient aidé secrètement les Byzantins, fit démolir leurs murs et leur imposa un conseil municipal.