Deux ponts en fer, construits par les Ottomans, relient aujourd’hui Galata à la capitale. Au temps des Byzantins, il n’existait qu’un pont en bois aux environs d’Eyoub.
Galata garde encore plusieurs maisons byzantines. C’est le seul quartier qui ait conservé un si grand nombre de types de l’architecture civile du XIVe siècle. Entre autres monuments de cette époque, on peut citer Arab-Djami, ancienne église transformée, après la conquête arabe, en mosquée; l’église de Saint-Pierre, le couvent de Saint-Benoît, occupé par les Lazaristes. En dehors des murs de Galata, s’étendaient des vignes et des jardins. Plus tard, quand les habitants de Galata se multiplièrent, la ville se développa, formant sur ses hauteurs le faubourg de Péra, qui est actuellement le quartier européen.
Le nom de Péra provient du mot grec πέρα (qui signifie au delà, d’où περαία, le quartier de la rive opposée). Les Turcs l’appelaient Bey Oglou, qui veut dire fils du Prince, parce qu’un des fils de Jean Comnène habitait ce faubourg. Le nom de Tarlabachi démontre encore que ces parages ne contenaient au XVIe siècle que des champs et des vignes.
Le Bosphore depuis Galata était bordé de villages. Pour arriver au village Argyropolis (Foundouklou) renfermant l’église de Saint-André, il fallait traverser une forêt. Un peu plus loin, s’élevait le village de Diplokionion ou Gunella, Bechiktache (bechik, berceau, tache, pierre.) Entre Argyropolis et Diplokionion se trouvait un port qui fut comblé sous Ahmed Ier en 1023 de l’Hégire et qui fut nommé Dolma Bagtché. Arnaoutkeuy, connu par ces forts courants que les Grecs appelaient Megarevma, possédait l’église de l’archange Saint-Michel, construite par Constantin et réparée par Justinien. Chelae (Bebek) possédait un temple de Diane. Après le village de Bebek on trouve Roumili-Hissar, château fort construit en quatre mois par Mahomet II avant la conquête de Byzance. Sténia, autrefois Sosthénion, ou Léosthénion, village du Haut-Bosphore, possédait un temple et la statue que les Argonautes avaient élevée en l’honneur du Génie qui les avait secourus. Constantin le Grand consacra ce temple à l’archange saint Michel. Il fut détruit en 865 pendant l’invasion russe.
Les habitants du Bosphore voyaient alors pour la première fois l’invasion d’un peuple qui, jusqu’alors, leur était inconnu. C’étaient les Russes idolâtres, qu’ils appelaient les «Rhos homicides». Sous la conduite d’Ascold et de Dir, leurs chefs, les Russes avaient traversé le Pont-Euxin sur des centaines de petits navires et occupé les rives du Haut-Bosphore. «Ils décapitèrent les moines, dit M. Schlumberger, les crucifiant, les tuant à coups de flèches et s’acharnant à leur enfoncer des clous dans le crâne.»
Thérapia, qui veut dire en grec «guérison», était un lieu de convalescence pour les malades, désireux de changer d’air. Ancien promontoire de Simas, cette ville possédait autrefois un temple de Vénus Meretricia, vénéré par les navigateurs.
Buyukdéré était appelé Bathycolpos, ou Megas Agros; on prétend que Godefroy de Bouillon y avait campé.
Après avoir passé Roumili-Kavak, où Jason avait élevé un autel à Cybèle et les Byzantins le temple de Sérapis, on arrive aux châteaux forts que les Génois avaient construits afin de s’assurer le commerce du Bosphore. Les Génois avaient, dit-on, fermé le détroit par une chaîne semblable à celle des Byzantins.
Ensuite vient Buyuk Liman, ancien port des Ephésiens, protégé par le cap Garibtché, la Charybdis des Phéniciens.
La côte asiatique du Bosphore ne comptait pas moins de villages. A l’entrée du Bosphore, près de la mer Noire, sur les hauteurs du promontoire de Hiéron (Anatoli-Kavak), on voyait le grand château génois, Hiero Kalessi, ancienne forteresse dont subsistent encore les ruines, et le temple des douze dieux, consacré par l’Argien Phrygos et doté par Jason à son retour de la Colchide. On peut encore rappeler, tout près de là, le temple de Jupiter élevé par les Chalcédoniens. Ce temple fut transformé en église par Justinien. Les anciens se disputaient la possession de ce promontoire qui était la clef du Bosphore.