La coupole de cette église est soutenue par huit piliers placés aux points angulaires d’un octogone renfermé dans un carré: huit pendentifs soutiennent la base circulaire de la coupole. Les côtés communiquent avec la nef par des rangées de colonnes ioniques qui relient les arceaux. Plusieurs de ces colonnes sont tachetées de vert et de blanc et surmontées de chapiteaux à corbeilles. Sur la corniche qui fait le tour de l’édifice on remarque une guirlande ornée de grappes de raisins et de feuilles de vigne. Une longue inscription, gravée sur la même corniche, fait l’éloge de l’empereur Justinien et de l’impératrice Théodora. Cette église était attenante à une autre appelée église des apôtres Pierre et Paul et qui a disparu sans laisser de traces. Salzenberg reconnut, en examinant les murs de clôture, que l’église de Saint-Pierre et Saint-Paul s’appuyait à celle des saints Serge et Bacchus du côté du sud. La hauteur de la coupole dépasse 19 mètres et les côtés du plan sont respectivement de 34 mètres et 30 mètres.
ÉGLISE DE SAINT-JEAN DU STOUDION
Cette église fut construite sous Léon le Grand pour l’ordre des Acémètes (sans-sommeil). De nombreux moines se relayaient pour y chanter jour et nuit. Elle fut endommagée sous la domination latine et restaurée plus tard, vers la fin du XIIIe siècle, par l’empereur Andronic Paléologue.
Le trésor du monastère contenait de précieuses reliques que Bayazid II envoya au pape Innocent et parmi lesquelles se trouvait la sainte lance. Actuellement convertie en mosquée (Emir Akhor Djamissi), elle possède encore d’élégantes colonnes et des chapiteaux.
ÉGLISE DE CHORA
Tout près de la porte d’Andrinople s’élève la mosquée de Kahrié. C’est l’ancienne église de Chora, édifice à nef centrale et à deux narthex. Le dôme central est supporté par un tambour cylindrique percé de fenêtres. De petites coupoles, également posées sur des tambours cylindriques et percés de fenêtres, éclairent le narthex.
L’origine de la fondation de l’église de Chora n’est pas clairement établie. D’abord sanctuaire assez modeste, Justinien l’agrandit et l’embellit après le tremblement de terre de 557, et il devint un des plus beaux monuments de la ville.
L’église formait le centre d’un vaste monastère qui se trouvait hors de la première enceinte de la nouvelle Rome. C’est pour cela qu’on l’appelait τῆς χώρας (de la campagne). Plus tard quand Théodose II, pour agrandir la ville, jugea nécessaire de faire construire une deuxième enceinte dont on voit aujourd’hui les ruines, son nom lui resta. Mais les byzantins du XIVe siècle, poussés par leur amour de la rhétorique et des étymologies mystiques, trouvèrent un rapport ingénieux entre le nom du Christ, source de vie et protecteur des vivants (χώρα τῶν ξώντων) et celui de la basilique de Chora; et le mot fut en conséquence inscrit à côté des images en mosaïque du Christ et de la Vierge.
L’édifice qu’on voit aujourd’hui n’est pas le même que celui du VIe siècle. Déjà au XIIe siècle, l’église menaçait ruine. Marie Ducas, la belle-mère de l’empereur Alexis Comnène, la fit rebâtir en la transformant selon les plans des églises de ce temps. L’intérieur en fut décoré de marbres en couleur et de belles mosaïques.
Depuis Manuel Comnène, les empereurs avaient abandonné le grand palais pour venir habiter le château des Blaquernes. C’est pourquoi l’église de Chora, qui en était voisine et qui sous les Latins était tombée dans un grand délabrement, devint l’objet de la sollicitude impériale. Sous le règne des Paléologues, Théodore Métochite, ministre favori d’Andronic II, la fit restaurer complètement et ordonna d’ajouter une galerie latérale, destinée peut-être à servir de lieu de sépulture. Il fit renouveler également la décoration intérieure, excepté celle de la partie centrale qui est demeurée la même.