Malgré les ravages subis par la Chora, les mosaïques se sont conservées jusqu’à nos jours dans un parfait état: elles sont les œuvres les plus remarquables de la dernière renaissance de l’art byzantin et occupent aujourd’hui une place très estimée dans l’histoire de l’art[43].

[43] Pulgher, Les anciennes églises de Constantinople, 1880. Diehl, Etudes byzantines, 1905, p. 392-431.

Les mosaïques qui se trouvent sur les deux côtés de la porte centrale sont recouvertes de volets en bois, que demande la religion musulmane, mais qu’on peut ouvrir à volonté pour voir les images; les murs sont tapissés jusqu’aux bases des voûtes par de grandes plaques de marbre gris encadrées par des bandes vertes. De fines bordures sont sculptées au pourtour des marbres.

Plan de la mosquée Kahrié.

A l’intérieur du second narthex, sur la porte du milieu qui donne accès dans l’église, une mosaïque représente le Christ assis sur un trône, à qui Métochite, agenouillé, présente un modèle en réduction de l’église. Métochite est coiffé d’un haut bonnet blanc garni de bandes rouges et vêtu d’une tunique dorée recouverte d’un manteau vert brodé de fleurettes rouges.

Métochite, né à Nicée, arriva à l’âge de vingt ans à Constantinople où, par son talent d’orateur et son érudition en littérature et en philosophie, il attira l’attention d’Andronic II. Il commença sa carrière dans les ambassades, devint ensuite logothète de la liste civile, ministre du trésor, puis premier ministre de l’Empereur pendant vingt ans. Il fut en même temps philosophe, diplomate et administrateur.

Il avait toute la confiance de l’Empereur son maître, qui ne lui cachait aucun secret, et fit épouser à son propre neveu Irène, la fille de Métochite, très intelligente et très instruite. Toutefois Métochite, malgré les hautes satisfactions qui lui étaient accordées, pensait toujours aux dangers dont les querelles philosophiques et religieuses menaçaient le pays. Il attirait à chaque instant l’attention de l’Empereur sur le péril turc, qui lui paraissait devoir causer un jour la ruine complète de l’État. Il prévoyait la décadence et la chute inévitable de l’empire.

Pl. 21.