Du côté sud, le terrain s’inclinait vers la mer; cette partie de la piste de l’hippodrome fut exhaussée par des soubassements composés de hauts murs voûtés. Elle formait la partie hémisphérique de l’hippodrome qui s’appelait sphendonè.
Pl. 26.
Aqueduc de Valens.
Du côté de Sainte-Sophie, s’élevait un bâtiment rectangulaire comprenant la tribune impériale et les loges des grands dignitaires et des sénateurs, et qu’on appelait Kathisma[52]; il n’avait aucune communication avec l’arène ni avec les gradins du cirque. L’Empereur y arrivait directement du palais. Au-dessous de la loge impériale, se trouvait, sur une terrasse en forme de balcon garni de colonnes, une autre tribune, réservée aux gardes de l’Empereur; elle était appelée le Pi, à cause de sa forme qui rappelait la lettre grecque π. Deux escaliers faisaient communiquer cette terrasse avec la tribune impériale.
[52] Aujourd’hui, sur l’emplacement de l’ancien Kathisma, se trouve la fontaine érigée par Guillaume II, empereur d’Allemagne.
Aux grandes fêtes, les musiciens jouaient sur cette plate-forme. Au-dessous du Pi, à droite et à gauche, étaient les portiques par où les chars entraient dans le cirque. Ces loges, qui avaient à Rome le nom de Carceres, étaient appelées à Constantinople Manganon.
Au-dessus de la loge impériale s’élevait une tour ornée de quatre chevaux de bronze, œuvre de Lysippe de Chio, et que, d’après une légende, Théodose avait enlevés à l’île de Chio; une autre légende voulait qu’on les eût apportés de Corinthe à Rome et de Rome à Byzance[53].
[53] Pendant la quatrième croisade on expédia les chevaux à Venise; Bonaparte les fit placer sur l’arc de triomphe du Carrousel à Paris. Mais en 1814 ils furent de nouveau transportés à Venise où ils ornent maintenant le portail de Saint-Marc.