Située sur les confins de l’Asie et de l’Europe, elle eut beaucoup à souffrir des guerres médiques, Darius, roi de Perse, au cours de son expédition contre la Grèce, franchit le Bosphore près Anatoli-Hissar, le point le plus rapproché entre les deux rives et où se trouvait alors un temple de Jupiter. Son armée traversa le Bosphore sur un grand pont de bateaux, et investit Byzance et ses environs. La ville fut abandonnée par ses habitants et détruite de fond en comble.

Byzance ne resta que peu d’années au pouvoir des Perses; après la bataille de Platée, en 479, elle fut occupée par Pausanias, chef des Spartiates. Vers l’an 390 avant J.-C., l’oligarchie de Byzance se transforma en démocratie. A partir de cette époque, elle commença à souffrir des luttes intestines et des combats que les principaux États de la Grèce eurent à soutenir pour leur indépendance. Cimon l’Athénien enleva la ville aux Lacédémoniens, mais les Athéniens en furent bientôt chassés. Alcibiade s’en empara par la famine en 408. Mais une nouvelle victoire, remportée par le Spartiate Lysandre, rendit de nouveau Byzance aux Lacédémoniens.

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Ainsi Byzance, colonie encore toute récente, aurait succombé pendant la lutte entre Athènes et Sparte, si elle n’avait pas penché tantôt vers l’une, tantôt vers l’autre de ces cités rivales.

Philippe, roi de Macédoine, assiégea Byzance qui avait aidé les Périnthiens. Ceci décida les Grecs à envoyer au secours des Byzantins des troupes qui sauvèrent Byzance[5] (340).

[5] Pendant le siège de Byzance par Philippe, au milieu d’une nuit obscure, la lune, si on doit croire la légende, apparut au ciel et révéla aux assiégés l’approche de l’ennemi. C’est probablement depuis lors que les Byzantins adoptèrent comme emblème le croissant. Quant aux Turcs, ils l’avaient eux-mêmes sur leurs drapeaux bien avant la conquête.

A cette époque, toutes les villes de la Grèce, épuisées et ruinées par les guerres intestines, tombaient en décadence, Byzance seule conservait son antique splendeur, grâce à ses murailles et surtout à sa politique qui consistait à se ranger toujours du côté du plus fort.

Pendant les guerres d’Orient, les Romains avaient déclaré la ville libre, en lui laissant ses lois et en lui assurant les territoires qu’elle possédait sur les côtes de la mer Noire. Ils se bornèrent à prélever le droit de péage que les Byzantins avaient l’habitude d’exiger de tout navire qui traversait le Bosphore.

Pendant plusieurs siècles, Byzance conserva son indépendance. Lorsque l’empereur Vespasien, plaça sous sa domination les provinces d’Achaïe, de Lycie, Rhodes et Samos, Byzance aussi fut transformée en province romaine. C’est à cette époque que saint André vint à Byzance pour la propagation du christianisme, et c’est à Galata qu’il trouva ses premiers disciples. La ville garda un certain temps encore son antique prospérité; mais bientôt un nouvel état de choses vint amener sa ruine.