—Monsieur Hermann!
C'était le père Hermann, rayonnant, épanoui, avec sa bonne figure de vieux fleuve, sa belle barbe blanche, son chapeau à larges bords, son éternelle redingote noire boutonnée très haut et ornée de sa rosette rouge de commandeur; le père Hermann très fier de donner le bras à la plus belle fille de Paris.
Ce fut à qui lui offrirait une place.
—Voilà! dit-il. J'en étais sûr! Je les dérange, je les gêne!… Écoutez, je ne voulais pas; c'est la petite qui m'a enlevé… Hein! à mon âge!…
—Tiens! fit Gilberte, il voulait me garder à dîner chez Foyot; j'ai préféré vous l'amener…
Et, s'adressant à Roland, elle ajouta:
—Tu penses!…
Le vieil Hermann allait de table en table, distribuant des «bonjour, toi,» et des «bonsoir, ça va bien?» tutoyant toute la bande, les vieux, les jeunes, les gamines.
—Eh bien, Vermon, et ta médaille d'honneur, quand est-ce?… Bonjour, Florin; ah! tu peux te vanter de me faire faire du mauvais sang, toi, avec tes aquarelles des Folies-Bergère… Ah ça, mon vieux Legaz, tu ne veux donc plus venir me voir? En voilà un vilain lâcheur!… Toi, David, je ne te dis plus bonjour, tu as trop de talent… Tiens, Willine, je causais de toi hier avec Pothey. Comment, tu ne connais pas Pothey? Pothey de la Muette? Pothey qui a tant de cheveux? A la bonne heure! je me disais aussi… Ah bah! Nelly! et tu as le toupet de m'écrire que tu es malade les jours de pose!… Bonjour Elise, bonjour… Sacrebleu! que ça me fait du bien de voir cette jeunesse autour de moi!
Il alla serrer la main à Roland.