Telle est la méthode de l'animal au guet. Dans sa naïveté, il s'imagine que l'oiseau qui vole librement va passer à portée de ses griffes, entrer par la fenêtre, peut-être tomber tout rôti dans sa gueule. Dix fois de suite, le chat s'endort & se réveille à volonté, jusqu'à ce qu'il ait compris que guetter à la fenêtre est chose infertile.
Six heures viennent de sonner. Le chat abandonne son poste, arpente lentement la chambre, va & vient de la cuisine à la salle à manger, de la salle à manger au cabinet de travail & pousse de temps à autre quelques cris plaintifs. Ses pas se portent plus volontiers vers le corridor où s'ouvre la porte donnant sur l'escalier. Il veut sortir, c'est sa préoccupation, sortir pour respirer à son aise.
Plein de pitié, je passe ma robe de chambre, sans avoir besoin de dire au chat de me suivre. Se précipitant dans l'escalier, d'un bond il est descendu & frotte de sa tête la porte fermée, comme si, pour prix de ses caresses, elle allait s'ouvrir toute seule.
[CHAPITRE XVI.]
ENFANCE DES CHATS.
Un petit chat, c'est la joie d'une maison. Tout le jour, la comédie s'y donne par un acteur incomparable.
J'ai connu un homme accablé d'affaires; sur son bureau rôdait toujours quelque petit chat. Au milieu du travail le plus grave, cet homme s'interrompait pour admirer les gambades de l'animal; plus d'une fois, il manqua d'importants rendez-vous, ne se doutant pas qu'une heure s'était écoulée à contempler le chat. C'était à son avis une heure bien employée.
Les maniaques qui cherchent le mouvement perpétuel n'ont qu'à regarder un petit chat.
Son théâtre est toujours prêt, l'appartement qu'il occupe, & il a besoin de peu d'accessoires: un chiffon de papier, une pelote, une plume, un bout de fil, c'en est assez pour accomplir des prodiges de clownerie.