2° La critique, telle que je l'entends et telle que je voudrais la pratiquer, est une invention, une création perpétuelle.
XIX
Ce que j'ai voulu en critique, ç'a été d'y introduire une sorte de charme et en même temps plus de réalité qu'on n'en mettait auparavant, en un mot, de la poésie à la fois et quelque physiologie.
XX
Je n'ai plus qu'un plaisir, j'analyse, j'herborise, je suis un naturaliste des esprits.—-Ce que je voudrais constituer, c'est l'histoire naturelle littéraire.
XXI
Il y a lieu plus que jamais aux jugements qui tiennent au vrai goût, mais il ne s'agit plus de venir porter des jugements de rhétorique. Aujourd'hui, l'histoire littéraire se fait comme l'histoire naturelle, par des observations et par des collections.
XXII
On a besoin de renouveler, de rafraîchir perpétuellement son observation et sa vue des hommes, même de ceux qu'on connaît le mieux et qu'on a peints, sans quoi l'on court risque de les oublier en partie et de les imaginer en se ressouvenant.—Nul n'a droit de dire: «Je connais les hommes.» Tout ce qu'on peut dire de juste, c'est: «Je suis en train de les connaître.»