Par art subtil, non vulgaire ou commun,

Et le rosier de maistre Jean de Meun.

Les rosiers de Paestum traduits par celui de Jean de Meun, c'est ce qu'on peut appeler greffer la fleur antique sur la tige gauloise. La Fontaine usait heureusement de ce procédé-là.

Les derniers vers de la pièce ont été cités une fois par M. Nodier[15], qui s'est complu a y voir un caractère original; ils rappellent naturellement ceux de Ronsard: Mignonne, allons voir si la rose... L'un et l'autre poëte avaient chance de se rencontrer, puisqu'ils avaient en mémoire le même modèle. Bonaventure des Periers, après avoir décrit, mais bien moins distinctement qu'Ausone, les vicissitudes rapides de chaque âge des rosés, conclut comme lui:

.......Vous donc, jeunes fillettes,

Cueillez bien tost les roses vermeillettes

A la rosée, ains que le temps les vienne

A deseicher: et tandis vous souvienne

Que ceste vie, à la mort exposée,

Se passe ainsi que roses ou rosée.