—Soyez tranquille, je vais vite les cacher dans ma chambre.

Elle alla jusqu’à la porte, puis s’arrêta et revint sur ses pas.

—Il paraît, dit-elle, que M. de Gerfaut a travaillé aujourd’hui dans la bibliothèque, car il y a sur la table un tas de gros livres. C’est aimable à lui, n’est-ce pas, de vouloir faire cette généalogie? Est-ce que nous y serons toutes deux? met-on les femmes dans ces choses-là? J’espère bien que votre tante n’y sera pas; d’abord elle n’est pas de la famille.

Au nom de Gerfaut, le nuage qui s’était dissipé sur le front de Clémence vint de nouveau l’obscurcir.

—Je n’en sais pas plus que vous, répondit-elle un peu sèchement.

—C’est qu’au salon il n’y a que des tableaux d’hommes; ce qui n’est pas déjà si poli de leur part. J’aimerais mieux qu’il y eût les portraits de mes grands-mères; ce serait plus amusant de voir toutes les belles robes qu’on portait dans ce temps-là que ces vieilles barbes qui font peur.—Mais dans les arbres généalogiques on ne met peut-être pas les demoiselles, continua-t-elle d’un ton pensif.

—Il faut le demander à M. de Gerfaut, il a certainement trop envie de vous plaire pour vous refuser, répondit Clémence avec un sourire presque ironique.

—Croyez-vous? dit naïvement Aline, je n’oserai jamais lui demander cela.

—Il vous fait donc toujours peur?