—Vous trouvez que c’est trop? dit Mme de Bergenheim d’un ton très fin.

—Au contraire.

—Et quel âge voudriez-vous donc qu’eût votre mari?

—Mais... trente ans, répondit la jeune fille après quelque hésitation.

—L’âge de M. de Gerfaut?

Les deux femmes se regardèrent un instant en silence. Depuis le lieu où il était caché, Octave, auditeur de cette conversation dont il était la pensée et l’âme secrète, remarqua l’expression de douceur qui vint animer le regard de Clémence, et qui semblait provoquer une confidence entière. La jeune pensionnaire se laissa prendre ingénument à cette apparence d’intérêt et de tendresse.

—Je vous raconterais bien quelque chose, dit-elle, si vous vouliez me promettre de ne le répéter à personne.

—A qui donc voulez-vous que j’en parle? Vous savez que je suis discrète pour vos petits secrets.

—C’est que ce serait peut-être un grand secret, reprit Aline.