—Ce n’est pas un coq, c’est un gerfaut couronné, dit Mme de Bergenheim.

—Un gerfaut! Savez-vous ce que c’est qu’un gerfaut? A Corandeuil, chez votre grand-père, il y avait une fauconnerie, et j’en ai vu, moi, des gerfauts; mais vous... Je vous dis que c’est un coq, le coq gaulois; vilaine bête! Ce que vous prenez pour une couronne, et qui y ressemble un peu en effet, est une crête mal faite. Comment ce laid animal se trouve-t-il là? Je voudrais bien savoir si c’est à la poste qu’on se permet de pareilles gentillesses. On criait contre le cabinet noir, mais c’est cent fois pis si l’on peut impunément outrager les familles paisibles dans leurs domaines. Je veux absolument découvrir l’auteur de cette mauvaise plaisanterie. Fais-moi le plaisir de sonner.

—C’est réellement fort étrange! dit Mme de Bergenheim en tirant le cordon avec une vivacité qui annonçait qu’elle partageait, sinon l’indignation, du moins la curiosité de sa tante.

Un domestique en petite livrée bleue, à passepoils rouges, entra dans le salon.

—Qui est allé aujourd’hui à Remiremont chercher les journaux? demanda Mlle de Corandeuil.

—Mademoiselle, c’est le père Rousselet, répondit le laquais.

—Où est M. de Bergenheim?

—Monsieur le baron joue au billard avec Mlle Aline.

—Faites monter Léonard Rousselet.