—Lève-toi! répondit celui-ci en le tirant par le bras pour donner plus de force à cette injonction.

L’artiste s’enveloppa dans les draps jusqu’au menton.

—Es-tu somnambule ou enragé? dit-il ensuite, ou bien prétendrais-tu me faire travailler? reprit-il, en voyant que son ami tenait des papiers. Tu sais bien que je n’ai jamais d’esprit à jeun et que jusqu’à midi je suis stupide.

—Lève-toi sur-le-champ, répéta Gerfaut, il faut que je te parle.

Il y avait quelque chose de si grave et de si pressant dans l’accent avec lequel furent prononcées ces paroles, que Marillac, sans plus discuter, se leva et se mit à s’habiller précipitamment.

—Qu’est-ce donc? demanda-t-il en passant sa robe de chambre, tu as l’air d’un cinquième acte de mélodrame.

—Mets une redingote et des bottes, dit Octave, il faut que tu ailles à la Fauconnerie. On est habitué à te voir sortir de grand matin depuis tes rendez-vous avec Reine, et...

—C’est vers cette pastourelle que tu m’envoies! interrompit vivement l’artiste, qui commença à se déshabiller; en ce cas, je me recouche. Assez de bucoliques comme ça.

—Je me bats dans quelques heures avec Bergenheim, dit Gerfaut à demi-voix.