—Tu connais Bergenheim, tu iras le voir demain. Il t’invitera à passer quelques jours chez lui; tu resteras à dîner. Tu y verras Mlle de Corandeuil, devant qui tu prononceras mon nom en parlant de notre voyage pittoresque; et, avant le soir, ma vénérable cousine de 1569 m’aura envoyé une invitation d’aller la voir.

—J’aimerais mieux te rendre tout autre service que celui-là, répondit l’artiste en se promenant à grands pas. Je sais bien que les célibataires doivent, en toute circonstance, se soutenir contre les maris; mais ça n’empêche pas que je n’aie un remords de conscience. Tu sais que j’ai sauvé la vie à Bergenheim?

—Rassure-toi... Jusqu’à présent il ne court pas de fort grands dangers. D’une pareille démarche il ne résultera probablement, pour moi, que le petit plaisir de contrarier cette cruelle qui m’a défié aujourd’hui. Est-ce convenu?

—Puisque tu le veux! Mais quand notre visite sera faite, nous mettrons-nous à notre drame, ou ferons-nous la Chaste Suzanne, opéra en trois actes? Car, enfin, avec ta passion, tu négliges furieusement l’art.

—La Chaste Suzanne, et toute la Bible en vaudevilles, si tu l’exiges. A demain donc.

—A demain!