Le Mezgîṭa se compose de la bordure de cultures et de qçars qui garnit les deux rives de l’Ouad Dra dans la région où je me trouve ; il ne s’étend pas au delà de la vallée propre du fleuve. C’est une bande longue et étroite, qui n’a jamais plus de 2 kilomètres de large. Il en est de même des autres districts du Dra, sans exception : l’Aït Seddrât, l’Aït Zeri, le Tinzoulin, le Ternata, le Fezouata, le Qtaoua, El Mḥamid sont identiques ; tels d’entre eux ne se composent même que de la demi-vallée du fleuve. Ce sont, comme le Mezgîṭa, des tronçons plus ou moins grands de cette longue ligne verte qui serpente dans le Sahara, et qu’on appelle le pays de Dra. Celui-ci est donc une ligne : le nom ne s’en applique qu’à la vallée propre de l’Ouad Dra, c’est-à-dire aux 500 mètres de dattiers qui, du Mezgîṭa à El Mḥamid, bordent chaque rive. Nulle part la bande ne s’étend davantage. Au-dessous du Tinzoulin, les hautes montagnes qui la resserrent jusque-là s’écartent par degrés, et le Dra finit par couler en plaine ; mais le ruban de palmiers et de cultures ne s’élargit pas : il reste toujours ce qu’il est ici. Il y a loin de cette ligne aux vastes territoires marqués sur nos anciennes cartes. J’observerai le même fait pour les autres oasis que je verrai : le Todṛa, le Ferkla, le Ṛeris, les divers districts du Ziz, ne sont pas différents. Ce sont des lignes.
| Heliog. P. Albert Dujardin | Challamel aine Editeur |
VALLÉE DE L’OUAD DRA. — VUE DE TAMNOUGALT.
3o. — DU MEZGITA AU DADES.
20 avril.
Il y a quatre chemins principaux pour aller du haut Dra à l’Ouad Dâdes ; ce sont :
1o Ṭriq Idili. — Il part de Tiniṛil, qçar d’Afella n Dra, traverse l’Ouad Aqqa el Medfạ (se jetant dans l’Ouad Dâdes sur le territoire des Imeṛrân), puis l’Ouad Tanziṭ, et aboutit au pays des Imeṛrân : deux jours de chemin, sans cesse dans le désert. On passe la nuit au bord de l’Ouad Aqqa.
2o Ṭriq Anfoug (appelé aussi Ṭriq Tagzart). — Il part d’entre Afra et Ta n Amelloul, franchit successivement les ouads Aqqa el Medfạ, Tanziṭ et Aqqa n Ourellaï, et aboutit à volonté dans le Dâdes ou chez les Imeṛrân : deux jours de chemin, dans le désert. On passe la nuit au Djebel Anfoug.
3o Ṭriq Iṛil n Oïṭṭôb. — C’est celui que je prendrai.