La population du Fezouata se compose donc d’abord des habitants fixes, les Draoua, qui se gouvernent eux-mêmes, chaque qçar séparément, comme les gens de Tisint et de Tatta ; puis de Berâber de passage : ceux-ci ont dans les qçars des maisons où ils déposent leurs provisions, mais où ils n’habitent pas, vivant d’ordinaire sous la tente.
Point de chevaux chez les Draoua du Fezouata, ni chez ceux du Qtaoua et d’El Mḥamid.
Deux marchés dans le Fezouata : l’Arbạa Amzrou et le Sebt Tamegrout.
Un mellaḥ.
Entre Zaouïa el Qlạa et Amzrou, sont les ruines d’une ville autrefois la plus peuplée et la plus puissante du Dra, Zegoura.
Tamegrout est le siège d’une des plus grandes zaouïas du Maroc. C’est l’une des cinq dont l’influence politique aussi bien que religieuse s’étend au loin et peut acquérir par les circonstances une importance énorme : ces cinq zaouïas sont : celle d’Ouazzân (Moulei Ạbd es Selam), celle de Bou el Djạd (Sidi Ben Daoud), celle du Metṛara (Chikh Moḥammed el Ạrabi el Derkaoui), celle de Tamegrout (Sidi Moḥammed ou Bou Bekr), celle du Tazeroualt (Sidi El Ḥoseïn). En ce moment, l’influence des quatre premières est surtout religieuse, celle de la cinquième surtout politique. Le pouvoir de Sidi Ben Nacer est immense dans toute la vallée de l’Ouad Dra, dans celle du Sous, dans celles des ouads Dâdes et Idermi ; il s’étend jusqu’à Tatta et Agadir Iṛir à l’ouest, jusqu’à moitié chemin du Tafilelt à l’est. Cette zone, qui comprend une grande partie de la tribu des Berâber, presque tout le groupe des Aït Atta, est entièrement à sa dévotion. On vient en pèlerinage à Tamegrout de bien plus loin encore, de Mogador, du Sahel, du Tafilelt : le nom de Sidi Moḥammed ou Bou Bekr est connu et vénéré dans tout le Maroc. Le sultan marque en toute occasion le plus grand respect pour ce saint.
VI. — Qtaoua.
En sortant du Fezouata, l’Ouad Dra entre dans un désert appelé El Kheneg : plus de cultures, plus de palmiers, ni dans son lit ni sur ses bords : le désert est absolu ; mais il n’est pas long. La longueur en est égale à deux fois la distance de Tamnougalt à Ourika. C’est à l’extrémité de ce désert que le fleuve traverse le Bani : il perce la chaîne au kheneg appelé Foum Taqqat. Cette trouée par laquelle l’Ouad Dra débouche dans le Sahara proprement dit, au sud de la digue si étrange du Bani, a une grande célébrité chez les Berâber. Ils la regardent comme le lieu de leur origine première, comme leur berceau commun, et y font chaque année des pèlerinages et des sacrifices. Après avoir passé Foum Taqqat, on arrive bientôt au district du Qtaoua.
Le Qtaoua, qu’on appelle aussi El Azrar, est borné au nord par le petit désert d’El Kheneg et au sud par celui de Bou Selman. Il se compose des qçars suivants, situés sur les bords de l’Ouad Dra : voici leur énumération, en descendant le fleuve :
| RIVE DROITE : | ||
| Beni Semgin (debiḥa sur les Ignaouen). | 100 | fusils |
| Qçâbi Oulad Bou Ḥerira (debiḥa sur les Ignaouen). | 40 | |
| Regba (debiḥa sur les Ignaouen). | 60 | |
| Insrad (debiḥa sur les Ignaouen). | 1000 | |
| Beni Ḥaïoun (debiḥa sur les Ignaouen). | 600 | |
| Qaçba er Remla (debiḥa sur les Ilemsan). | 50 | |
| Ikhchouan (debiḥa sur les Ilemsan). | 200 | |
| Beni Henaït (debiḥa sur les Aït b ou Iknifen). | 200 | |
| Zaouïa Sidi Çaleḥ. | ||
| Beni Sbiḥ (debiḥa sur les Aït b ou Iknifen). | 400 | |
| Aït Rebạ (debiḥa sur les Ignaouen). | 80 | |
| Zaouïa Sidi Ạbd el Ạli. | ||
| Zaouïa el Berrania. | ||