Entre Tizgi et Icht, on continue à longer le pied méridional du Bani, en l’ayant toujours à main droite (au nord). Pas de kheneg dans la chaîne entre ces deux points. Pendant la première moitié du chemin, on marche au milieu d’un areg, plaine sablonneuse avec des gommiers : à mi-route, on rencontre, descendant des crêtes du Bani, le lit desséché d’un ruisseau, au milieu duquel se trouvent des puits (point de palmiers ni de végétation auprès d’eux). A partir de là, le terrain reste toujours plat, mais les gommiers se mêlent de quelques rares troncs d’argans. De Tizgi à Icht, le pays est désert.

En arrivant à Icht, on voit d’abord, à la lisière de l’oasis, une qoubba ; c’est auprès d’elle qu’on entre sous les palmiers : on chemine quelque temps à leur ombre, en remontant l’Ouad Icht : les dattiers en bordent les deux rives, mais il n’y en a point dans son lit : on parvient ainsi au qçar d’Icht.

Distance : de Tizgi el Ḥaraṭîn à Icht comme de Qaçba el Djouạ à Tatta.

6e jour. — D’Icht à Tamanart.

Icht est situé, comme Tisint, à la bouche sud d’un kheneg du Bani. Pour aller à Tamanaṛt, on traverse le kheneg et on passe au nord de la chaîne : de là à Ouad Noun, le Bani restera toujours au sud du chemin. En allant d’Icht à Tamanaṛt, on l’a, durant toute la route, en arrière et à gauche. Chemin plat et désert, tantôt sablonneux, tantôt pierreux ; beaucoup de gommiers.

Le premier qçar auquel on arrive est Igouïaz, puis on gagne celui d’Iṛir.

Distance : d’Icht à Tamanaṛt comme d’Agadir Tisint à Mrimima.

7e jour. — De Tamanart à Tarjijt.

Entre ces deux points, le chemin traverse une plaine unie et déserte, un areg. Sol pierreux, avec quelques gommiers. On se tient sans cesse au nord du Bani, qu’on distingue pendant tout le trajet à une certaine distance dans le sud. On ne traverse ni ne voit aucun lieu habité jusqu’à Tarjijt. A partir du point où l’on est sorti de Tamanaṛt, on marche sur le territoire des Id Brahim. Tarjijt est un groupe de plusieurs qçars faisant partie d’une des fractions de cette tribu ; une petite rivière y passe : les eaux s’en écoulent, comme toutes celles de cette contrée, vers l’ouest ou le sud-ouest pour aller aboutir à Tiṛmert qu’elles arrosent. Tarjijt a un grand nombre de palmiers, bou souaïr et rares bou feggouç. De Tarjijt on voit le Bani ; il en est à la même distance que le mont Taïmzouṛ de Mrimima.

Distance : de Tamanaṛt à Tarjijt comme d’Idroumen (dunes de sable) à Tatta.