6o D’IRIL N ORO AUX SEKETANA. — On suit les rives de l’Ouad Zagmouzen jusqu’à Iṛil Mechtiggil (Zagmouzen). Là on le quitte et, marchant vers le sud, on s’engage dans le Petit Atlas. Au bout d’une heure de marche, on atteint le territoire des Seketâna : on passe d’abord à Tizgi, puis aussitôt après on trouve Tirikiou. De là, si on veut se rendre chez les Seketâna proprement dits, on prend à l’ouest ; si on veut gagner soit les Imadiden, soit les Imskal, on se dirige vers l’est. Ces deux fractions sont en face l’une de l’autre, du même côté et presque à même distance de Tirikiou.
| Distances : | d’Iṛil n Oro à Iṛil Mechtiggil | 3/4 d’heure. |
| d’Iṛil Mechtiggil à Tirikiou | 1 h. 1/4. |
7o DES AIT IAHIA (OUAD ZAGMOUZEN) A TATTA. — Il y a un chemin partant du territoire des Aït Iaḥia, remontant l’Ouad Aït Semmeg jusqu’à sa source, puis gagnant Tatta.
8o D’IRIL N ORO A MERRAKECH. — On compte 5 jours et demi de marche :
1er jour. — D’Iril n Oro à Tinmekkoul, en descendant l’Ouad Zagmouzen.
2e jour. — On gagne Tlemkaïa sur l’Ouad Tazioukt ; on remonte cette rivière jusqu’à Tanfit. Là on la quitte, et on s’engage dans le désert d’Iger n Znar qui s’étend au delà de sa rive droite. On y marche durant trois heures ; puis on atteint à Taleouin (district d’Ouneïn) l’Ouad el Amdad : on le remonte jusqu’à Adouz.
3e jour. — On quitte l’Ouad el Amdad à Adouz : on s’engage dans une vaste plaine ; au bout de 3 heures, on atteint un groupe formé de 2 villages : le premier est Tamsellount, le second Tamdroust : ils comptent dans le district d’Ouneïn. En sortant de Tamdroust, on entre dans le désert montagneux d’Ouichdan : côtes raides, chemin parfois difficile : au milieu de ce désert est le col où l’on franchit la crête supérieure du Grand Atlas. On chemine dans le Khela Ouichdan jusqu’à la fin de la journée : le soir, on parvient au village d’Alla où l’on s’arrête : on y entre sur le territoire des Genṭafa. Alla est sur l’Ouad El Genṭafi, qui, à quelques pas plus bas, s’unit à l’Ouad Agoundis. La jonction de ces deux cours d’eau forme l’Ouad Nfis.
4e jour. — D’Alla on gagne, à très peu de distance, Dar El Genṭafi, où se trouve le confluent des deux rivières. Dar El Genṭafi, appelée aussi Tagentaft, est un gros village, résidence du qaïd des Genṭafa. A partir de là, on descend le cours de l’Ouad Nfis : jusqu’au soir, on ne cesse d’en longer les bords. C’est une vallée très encaissée, ressemblant à celle de l’Ouad Iounil : les flancs en sont des murailles à pic presque partout infranchissables : on ne peut passer qu’au fond ; là, pas un point désert : tout est couvert de cultures et de villages ; voici les principaux de ceux qu’on traverse successivement : Imeṛraoun, Takherri, Iḥenneïn, Targa Aït Iraṭ, Iger n Kouris, Toug el Khir, Tigourramin, Talat n As, Imidel, Imgdal, Tagadirt el Bour, Ouirgan, Imaṛiren. On passe la nuit à Imaṛiren. Là s’arrêtent le territoire des Genṭafa et l’autorité de leur puissant qaïd.
5e jour. — On quitte l’Ouad Nfis, on gravit le flanc gauche de sa vallée, et on sort de celle-ci. Au bout de 3 heures de marche, on atteint un village, Asdṛem Kik : on entre là sur un nouveau territoire, soumis au qaïd El Gergouri ; on passe ensuite à Agdour Kik, Ouizil, Tigzit : ces quatre villages font partie de la fraction de Kik, portion de la tribu où nous sommes. Au delà, on en traverse encore deux du ressort d’El Gergouri, Agergour et Fres. A Fres s’arrête son autorité et commence la juridiction du bacha de Merrâkech. Jusqu’au soir, on continue à cheminer en rencontrant de fréquents villages : les principaux sont Tala Moumen, Toukhribin, Agadir Aït Teççaout, Akreïch. C’est dans ce dernier qu’on passe la nuit. De toute la journée, on n’a pas aperçu une seule rivière sur la route. (D’Asdṛem Kik à Agergour, 2 heures. — Agergour et Fres se touchent. — De Fres à Tala Moumen, 1 heure. — De Tala Moumen à Agadir, 1 heure. — D’Agadir à Akreïch, 2 heures.)
6e jour. — D’Akreïch à Merrâkech il n’y a que 4 heures de marche : durant tout ce temps on est en plaine et sous bois : cet espace entier est occupé par une forêt de grands arbres, lieu désert et dangereux, d’ordinaire infesté de brigands.