[119]Une légende qui a cours dans le pays veut que les Haha soient Arabes d’origine et que ce soit par leur long séjour au milieu d’Imaziren qu’ils aient pris les mœurs et la langue de ces derniers.


V

BASSIN DE L’OUAD ZIZ.

1o. — OUAD ZIZ.

L’Ouad Ziz prend sa source aux crêtes supérieures du Grand Atlas, dans la grande fraction des Aït Ḥediddou. Il coule pendant quelque temps sur leur territoire ; cette partie de son cours prend le nom de district des Aït Ḥediddou ; des qçars nombreux sont sur ses bords ; sa vallée est dominée par de hautes montagnes. En sortant des Aït Ḥediddou, il reste désert un certain temps ; puis il entre dans le district du Ziz. Le Ziz se compose de 25 à 30 qçars, tous sur les rives du fleuve ; il appartient aux Aït Izdeg. Après avoir arrosé le Ziz, l’ouad traverse un court passage désert et entre dans le Gers. C’est un nouveau district ; il le traverse, en baigne tous les qçars, et de là passe immédiatement dans le Tiallalin. En sortant du Tiallalin, le fleuve se trouve de nouveau, mais pour la dernière fois, dans le désert ; après y avoir coulé pendant quelque temps, il s’engage dans le district d’El Kheneg, où commencent les palmiers : à partir de là, il ne cesse d’en avoir son cours ombragé, et il se déroule jusqu’au Tafilelt entre deux rubans continus de dattiers et de qçars ; ses rives, devenues un des endroits les plus riches du Maroc, s’appellent alors successivement districts de Qçar es Souq, du Metṛara, de Reṭeb, de Tizimi et du Tafilelt.

Nous allons examiner une partie de ces districts.

Nous nous occuperons ensuite des affluents de l’Ouad Ziz.

I. — District des Aït Hediddou.

C’est le premier qu’on rencontre sur le haut cours de l’Ouad Ziz. Il se compose d’un certain nombre de qçars appartenant aux Aït Ḥediddou et échelonnés sur les deux rives du fleuve : ces qçars, avec quelques autres situés sur l’Ouad Sidi Ḥamza, sont les seuls que possèdent les Aït Ḥediddou, fraction très nombreuse des Aït Iafelman, mais composée surtout de nomades. En voici l’énumération, dans l’ordre où on les trouve en descendant l’ouad :