Voici, pour un certain nombre de tribus du Sahel, comment le sultan a réparti les qaïds :

Ksima1 qaïd.
Chtouka1 qaïd (Ould Ben Dleïmi).
Assaka1 qaïd.
Ouizzân1 qaïd.
Aït Jerrar1 qaïd.
Ida ou Semlal1 qaïd.
Tazeroualt

réunis sous le qaïdat de Ḥadj Ṭahar ben Sidi ElḤoseïn.
Ifran
Tiznit (ville nouvelle).
Assa1 qaïd.
Aït Bou Ạmran1 qaïd.
Aglou1 qaïd.
Aït Imejjat1 qaïd.
El Akhsas1 qaïd.
Aït Brahim1 qaïd.
Aït Ạbd Allah1 qaïd.
Isbouïa1 qaïd.
Tamanaṛt1 qaïd.
Id Brahim







Ida ou Leggan







réunis sous le qaïdat de Ḥadj Ḥamed el Manaṛi.
Aït Ḥerbil
Aït Ouadaï
Aït Illoul
Aït Mousa ou Daoud.
Aït Bou Ạchra
Aït Zkri
Aït Bouhou
Aït Bella



Aït Ḥamed



1 qaïd.
Aït Mesạoud
Aït Azouafid
Aït Iasin
Aït Bou Hioualat
Aït Djemel.









Aït Mousa ou Ạli









1 qaïd.
Aït Cheggout
Aït El Ḥasen
Aït El Ḥaseïn
Aït Chergouout
Aït Mejjat
Aït Tedrarin
Oulad Bou Ạïṭa
Oulad Izenqad
Oulad Taoubbalt
Ouad Noun1 qaïd.

Ainsi qu’on le voit, l’expédition de Moulei El Ḥasen dans le Sous et le Sahel avait sans doute un double objet : l’un d’affirmer aux yeux des Chrétiens sa suprématie sur ces contrées ; l’autre de s’emparer de la personne de Sidi El Ḥoseïn, contre qui il nourrissait une vieille rancune et de qui les trésors lui offraient une riche proie. Les instances sans nombre qu’il fit auprès du marabout pour l’attirer dans son camp prouvent le prix qu’il attachait à sa capture. De ces deux buts, c’était, je crois, le second que le sultan avait le plus à cœur. Il ne put l’atteindre. Le premier au contraire fut rempli sans difficulté. Si l’on s’étonne qu’un si grand nombre de tribus aient aisément consenti à se soumettre, que ni elles ni Sidi El Ḥoseïn n’aient tenté aucune résistance, on trouvera la principale cause de cette conduite dans la famine épouvantable qui régnait alors en ces régions. Le pays était affaibli ; chacun était obligé d’aller chercher des vivres au loin ; on n’avait plus de bestiaux, plus de provisions, on avait dû vendre les chevaux, enfin on était dans de très mauvaises conditions pour faire la guerre. Il parut sage de se soumettre, quitte à se révolter quand, l’abondance revenue, on serait en état de lutter. On m’a assuré que c’était déjà fait. Lors de mon voyage (hiver et printemps 1884), le pays était encore en l’état où l’avait laissé le sultan. Mais il paraît que, 5 ou 6 mois après, la récolte ayant été excellente et la richesse régnant partout, on s’est soulevé de tous les côtés à la fois et que la plus grande partie des tribus du Sahel, du Ras el Ouad et même du bas Sous, les Chtouka entre autres, ont secoué le joug.

Notes diverses sur le Sahel.

1o DAR BEN DLEIMI est un grand village situé au bord de la mer, à un jour de marche au sud d’Agadir Iṛir. Il se trouve sur le territoire des Chtouka et est la résidence du qaïd de cette tribu, Ould Ben Dleïmi.

2o OUAD NOUN n’est ni le nom d’une rivière ni celui d’une ville, mais celui d’un petit district formé de la réunion de plusieurs qçars ; ceux-ci s’élèvent au milieu d’une plaine nue et stérile ; autour d’eux, ni palmiers, ni jardins, ni labourages : ils se dressent isolés dans l’areg. L’Ouad Noun a un chikh héréditaire, El Ḥabib ould Beïrouk ; c’est un personnage peu aimé, mais puissant et craint aux environs. Le sultan a nommé son frère, Daḥman, qaïd du district.

3o REGIBAT, OULAD DELEIM. — Ce sont deux tribus nomades ayant leurs campements dans le Sahel, au sud du Maroc, entre l’Ouad Noun et l’Adrar. Leurs ṛezous écument le Sahara entre Timbouktou et Tindouf et apparaissent parfois sur le cours inférieur du Dra.

4o CHQARNA. — Tribu nomade errant dans le Sahel, au sud du Maroc. Elle comptait, il y a 20 ans, 500 ou 600 combattants montés à chameau ; c’est à peine si elle en possède 200 aujourd’hui. Les Chqarna n’ont point de chevaux, le chameau est leur seule monture.

[118]On n’a pu me dire le nom de la douzième fraction.