Ouad El Hadar. — Assez grande rivière qui prend sa source dans le Djebel Brânes. Elle arrose la tribu des Brânes, puis, laissant les Miknâsa au sud, entre dans le territoire des Tsoul qu’elle traverse. De là elle passe chez les Hiaïna et, au point où elle se jette dans l’Ouad Innaouen, forme frontière entre eux et les Oulad Djemạ.

Ainsi qu’on le voit, cette longue bande plane s’étendant entre la Mlouïa et Fâs, et formée du Jell, du Ṛaret, du Fḥama et de la vallée de l’Ouad Innaouen, est bordée au nord et au sud par deux chaînes de montagnes : monts du Rif au nord, monts des Ṛiata au sud. L’une et l’autre sont habitées, et la population y est même, dit-on, très dense. Les monts du Rif sont occupés par plusieurs tribus, d’importance diverse, de mœurs sédentaires, toutes Imaziṛen de langue et de race, quelques-unes soumises, la plupart indépendantes. Les monts des Ṛiata sont habités, sur leur versant nord par les Ṛiata, sur leur versant sud par les Beni Ouaṛaïn. Nous allons dire un mot de cette dernière tribu.

Beni Ouaraïn. — Grande tribu chleuḥa limitée, au nord, par les Ṛiata et les Hiaïna ; à l’ouest, par les Aït Ioussi ; à l’est, par les petits groupes isolés de Chellaḥa qui garnissent la vallée de la Mlouïa au pied de son flanc gauche ; au sud, par les Aït Tseṛrouchen. Les Beni Ouaṛaïn ne parlent que le tamaziṛt. De mœurs sédentaires, ils habitent tous des villages. Ils vivent indépendants au fond de leurs montagnes, sans avoir eu, depuis un temps immémorial, aucune relation avec les sultans.

Point de marché, ni de Juifs sur leur territoire : ils font peu de commerce ; cependant ils ont d’excellentes laines, que les marchands de Sfrou vont acheter chez eux.

On compte plus d’une journée de marche pour aller de Sfrou aux Beni Ouaṛaïn.

6o. — PLAINES ENTRE LA MLOUIA ET LALLA MARNIA.

Ces plaines sont au nombre de deux : celle de Tafrâta et celle d’Angad. L’une et l’autre touchent à la Mlouïa ; la première est au sud de la seconde. Voici quelques indications sur chacune d’elles.

Tafrata. — Vaste plaine déserte ayant pour limites : au nord, l’Ouad Za ; à l’est, les monts Mergeshoum et Oulad Ạmer ; à l’ouest, la Mlouïa ; au sud, les monts Debdou. Le désert de Tafrâta n’appartient à aucune tribu ; mais Houara, Chedjạ, Ḥallaf, et parfois même Oulad el Ḥadj, viennent y faire paître leurs troupeaux lorsque la verdure, après les pluies, y apparaît sur le sol nu d’ordinaire. Aucune rivière n’arrose le Tafrâta ; on y trouve quelques ḍaïas, de très rares sources, des lits de ruisseaux.

Angad. — Vaste plaine déserte ayant pour limites : au nord, le Djebel Beni Iznâten ; à l’est, les hauteurs qui bordent la Tafna ; à l’ouest, la Mlouïa et l’Ouad Za ; au sud, le Djebel Beni Bou Zeggou et le Djebel Zekkara. Ce désert, le plus étendu de ceux dont nous venons de parler, est sillonné d’un grand nombre de cours d’eau ; souvent desséchés pendant plusieurs années, de grandes pluies en font durant quelques heures des torrents impétueux. Plaine aride et nue la plupart du temps, l’Angad se couvre, dans les périodes pluvieuses, d’une végétation abondante, pâturages précieux pour les nomades.

Il n’existe que deux lieux construits dans le désert d’Angad : Oudjda et Qaçba el Ạïoun. Mais trois tribus nomades y ont leurs campements, les Mhaïa, les Chedjạ et les Angad.