- 1. Mosquée de M. Selîman.
- 2. Mosquée de S. Mohammed Ech Chergi.
- 3. Qoubbas, au nombre de 3.
- 4. Qoubba de S. Mohammed Ech Chergi.
- 5. Maison de Sidi Ben Daoud.
- 6. Maison de S. Omar.
- 7. Maison de S. Mohammed Ben Dris.
- 8. Maison de S. el Hadj Edris.
- 9. Maison de Mousi Alloun.
- 10. 1er mellah.
- 11. 2e mellah.
- 12. 3e mellah.
- 13. Fondoq.
- 14. Place.
- 15. Marché.
- P. Principale entrée de la ville.
- α. Buttes formées de décombres amoncelés.
- β. Jardins.
- δ. Petites qoubbas.
- ε. Puits.
La position de Bou el Djạd, au milieu des ondulations d’une immense plaine pierreuse et blanche, est triste. Il y a peu d’eau, peu de jardins. Sans son importance comme centre religieux, sans le caractère que lui donnent ses mosquées, ses grandes qoubbas et les riches demeures de ses çaliḥs, ce lieu ne mériterait pas le nom de ville : il n’a guère plus de 1700 habitants, dont 200 Israélites. La cité est étendue, eu égard à sa population ; mais les maisons y sont clairsemées et entremêlées, à l’ouest, de jardins, à l’est, de terrains vagues et d’énormes monceaux d’ordures. Les demeures riches, celles des fils et des proches parents du Sid, sont bâties en pierres grossièrement cimentées, avec portails, arcades, pourtours de fenêtres en briques ; peu sont blanchies extérieurement ; à l’intérieur, elles sont ornées comme les maisons de Fâs : carrelage sur le sol ; vitres aux fenêtres ; plafonds de poutrelles peintes ; miḥrabs[37] à arabesques sculptées. Les maisons pauvres, c’est-à-dire le plus grand nombre, sont construites en pisé. Toutes sont couvertes en terrasse. La ville ne possède point d’enceinte ; mais il existe des portes, ou au moins des portails, à l’entrée des principales rues. La partie occidentale de Bou el Djạd est habitée par la famille immédiate du Sid, aussi porte-t-elle le nom de Ez Zaouïa ; les parents moins proches résident dans les autres quartiers ; les Juifs sont relégués au nord-est. Il y a deux grandes mosquées, et auprès d’elles quatre mausolées abritant les restes d’ancêtres de S. Ben Daoud : ce sont des tours carrées, hautes et massives, couronnées de toits de tuiles vertes. Point de quartier commerçant proprement dit. L’emplacement du marché hebdomadaire sert en même temps au trafic de chaque jour ; on y voit un certain nombre de niches alignées, faites de pisé ou de pierre sans ciment, profondes de 2 mètres, hautes de 1m,50 : c’est là qu’artisans et commerçants viennent s’installer chaque matin avec leurs marchandises qu’ils remportent le soir : tous n’ont même pas ces abris, il en est qui préfèrent de simples huttes de feuillage. Le jeudi, grand marché, fréquenté par toutes les tribus des environs. On trouve dans les boutiques la plupart des produits européens en vente à Fâs et à Meknâs, sauf le pétrole, la coutellerie, les crayons. Mais ces objets abondent chez les çaliḥs qui les font venir directement de Dar Beïḍa. C’est par ce port que se fait tout le commerce de Bou el Djạd. De là viennent cotonnades, thé, riz, sucre, épicerie, parfumerie, vêtements de luxe ; en échange on y apporte des peaux, de la laine, de la cire. Il y a quatre jours de marche d’ici à Dar Beïḍa, deux en blad es sîba, où l’on ne voyage qu’avec l’escorte d’un parent du Sid, deux en blad el makhzen. Aucunes relations avec Merrâkech, à cause de la difficulté des communications : la route est très périlleuse ; on compte huit jours pour la parcourir, tant il faut faire de détours et changer souvent de zeṭaṭs. Bou el Djạd, quoique traversée par un ruisseau, est mal pourvue d’eau ; celle que donne le ruisseau est mauvaise, et ne sert qu’à abreuver les animaux et à arroser les vergers : quelques maisons ont des citernes, mais la plus grande partie de la ville n’est alimentée que par un groupe de six ou sept puits situés à près d’un kilomètre vers l’ouest. Avec si peu d’eau, il ne saurait y avoir beaucoup de jardins : ils sont en effet peu étendus ; on les cultive avec d’autant plus de soin. On y voit les arbres qui croissent à Meknâs : grenadiers, figuiers, oliviers, vigne ; et, poussant à leur ombre, les légumes du pays : citrouilles, melons, pastèques, courges et piments.
Mosquée et mausolée de Sidi Mohammed Ech Chergi, à Bou el Djạd.
(Vue prise de la maison de Mousi Alloun.)
Croquis de l’auteur.
Deux des 3 mausolées, à Bou el Djạd.
(Vue prise de la maison de Mousi Alloun.
Croquis de l’auteur.