Croquis de l’auteur.

Ancienne porte à l’angle nord de l’enceinte de Tasgedlt. (Vue prise du nord-ouest.)

Croquis de l’auteur.

Dans cette excursion, je passe auprès du confluent des ouads Iriri et Imini ; ils se réunissent dans une plaine triangulaire semblable à celle de Tikirt : même sol vaseux, bas et plat, couvert de cultures, et en hiver inondé ; pas d’arbres, si ce n’est quelques-uns auprès des villages ; champs d’orge, de blé, surtout de maïs. On laboure avec des charrues à soc de fer, traînées par des bœufs ; ces derniers sont assez nombreux dans le pays, ainsi que les moutons et les chèvres ; depuis le Telouet, on voit quelques chameaux. L’Ouad Imini, au-dessous du confluent, a peu d’eau, 1m,50, avec 40 centimètres de profondeur : ce mince filet court au milieu d’un lit de gros galets mesurant plus de 500 mètres d’une rive à l’autre. Plus haut, en face de Tasgedlt, la même rivière a 200 mètres de large et est à sec, non par manque d’eau, mais parce que les habitants la font dériver pour arroser leurs plantations ; si je n’en rencontre pas dans l’ouad, je traverse plusieurs larges conduites où elle coule à pleins bords. Chaque tribu, chaque village, a droit à une quantité d’eau déterminée ; des traités, des qanouns la règlent. Les canaux sont une source de contestations et de querelles fréquentes entre villages et entre fractions. Ces démêlés se vident comme ils se vident tous, par la poudre : en ce moment, les gens de l’Imini et les Aït Touaïa sont en hostilités avec les Aït Zaïneb pour ce motif. Rarement ces guerres sont meurtrières ; elles se bornent la plupart du temps à quelques coups de fusil échangés à la frontière.

Plaine où s’unissent les ouads Iounil, Iriri et Tidili. (Vue prise du chemin de Tizgzaouin à Imzouren.)

Croquis de l’auteur.

6o. — ADRAR N DEREN ET SIROUA.

« Les montagnes tournent tout autour de notre pays, » disent les habitants de Tikirt. En effet, de quelque côté qu’on jette les yeux, on ne voit que massifs sombres. Au sud et à l’est, ce sont les flancs des ouads Iounil d’une part, Imini et Idermi de l’autre, talus rocheux de 150 à 200 mètres de haut, que nous avons décrits. Au nord et à l’ouest, ce sont de très hautes crêtes, la plupart couvertes de neige, se perdant dans les nuages. On distingue de Tikirt plusieurs sommets remarquables et plusieurs cols : Djebel Anṛemer, Tizi n Telouet, Tizi n Tichka, Tizi n Tamanat, Djebel Tidili, Djebel Siroua. Les premiers appartiennent à la chaîne du Grand Atlas, qu’on appelle ici Adrar n Deren[47] ; quant au Siroua, c’est le pic culminant d’un massif qui s’élève entre le Grand et le Petit Atlas et sépare le bassin du Sous de celui du Dra.