Ces documents, s’alliant avec les renseignements que j’ai rapportés, prouvent que les Ida ou Blal, ou mieux Doui Blal, sont une tribu nomade d’origine arabe, dont la masse principale est établie sur les deux rives du Dra, entre les méridiens de Tatta et de Mrimima. Un groupe important de la tribu, appartenant à la fraction des Imoulaten ou Oulad Moulat, a émigré depuis longtemps vers l’est, où il est cantonné au sud du Tafilelt. Un certain nombre de familles Doui Blal ont été transportées, de force probablement, par quelque puissant sultan, les unes à Merrâkech, les autres à Fâs, où elles ont perpétué leur nom et leur race. Quelques-unes enfin sont mêlées, on ne sait comment, à la tribu tamaziṛt des Ḥaḥa. Les premiers se sont un peu altérés au contact des Chellaḥa et des Ḥaraṭîn, leurs voisins ; les seconds, plus isolés, ont gardé leur physionomie et leur langage primitifs. Les troisièmes sont des Arabes dégénérés, semblables aux Arabes d’Algérie. Les derniers sont Imaziṛen de mœurs et de langue et n’ont de Doui Blal que le nom.

[A]Je n’ai pas remarqué ce fait chez les Ida ou Blal que j’ai vus, c’est-à-dire dans le gros de la tribu : on y parle, comme partout au Maroc, un arabe qui est, à peu de chose près, notre arabe vulgaire d’Algérie.

[B]Ils figurent sous le nom d’Imoulaten dans la décomposition qu’on nous a donnée à Tatta.

[C]Pour les noms géographiques dont il est question ici, voir la Carte générale du Tafilala par M. le général Dastugue.

[78]La ziâda a 50 centimètres à 1 mètre de haut ; les autres plantes poussent au ras du sol.

[79]L’Ouad Tisint se creuse dans le plateau d’où il sort, à Tizi Igidi, une vallée à fond plat, profonde de 20 à 25 mètres et large de 800.

[80]Les pierres à fusil dont on se sert à Tisint et assez loin à la ronde viennent de Foum Tangarfa ; dans les hauteurs voisines, le silex abonde ; les nomades l’enlèvent par gros blocs et l’apportent à Tisint, où on le taille.

[81]Autorité de chikh.

[82]On appelle zaouïa, d’une part, l’ensemble de tous les marabouts, parents proches ou éloignés de Sid Ạbd Allah, qui habitent Mrimima ; de l’autre, la maison où Sidi Ạbd Allah demeure.

[83]Tribu voisine du district d’Ouad Noun.