Ainsi en alla-t-il de Golo-le-Tigre.

Il avait le foie volumineux, comme les oies que l’on gave pour leur infliger cette maladie, au profit de notre gourmandise. Souffrant cruellement, il dévorait en proportion, pensant que cela apporterait un soulagement à ses misères.

Ce qui prouve que les bêtes familières sont intelligentes au point de perpétrer des sophismes, comme nous-mêmes !

Un sophisme d’induction, de la catégorie fallacia accidentis, laquelle comporte encore une plus grande subtilité de « raisonnement dévoyé » que ceux de la catégorie non causa pro causa. Golo concluait de l’essence à l’accident, peut-être même de l’accident à l’essence, ce qui me paraîtrait plus troublant encore :

Un tel est bon médecin, donc il guérira tel malade…

Ou :

Un tel a guéri tel malade, donc il est un bon médecin.

Ainsi, exactement, raisonnait Golo :

L’apaisement de la faim est un remède à tous les maux, donc je dois manger d’autant plus que je souffre davantage.

Ou bien :