— La Terre et moi avons encore quelques belles années devant nous…
L’abbé Fiste semble écouter avec intérêt et même avec enthousiasme ce duo sentimental.
— Prends-moi dans tes bras un instant, roucoule Noelle…
— Je te le permets, dit la Captive plus fort que la Vivante…
J’obéis lâchement à la Captive, dont la belle figure est aussi triomphante qu’au soir où le malheureux jeune homme que j’avais évincé se tua.
Mais une horde de Boudenfles conduite, celle-ci, par Florent, entre dans notre abri, gambade, hurle tout en vidant quelques fioles de liqueurs ; Noelle veut échapper à mon étreinte…
— Encore un instant, dit la Captive. Questionne-la ! C’est mon heure, je t’assure, mon heure.
Le boucher qui sert de modèle à Florent est parmi les Boudenfles qui se sont introduits près de moi. Il souffle les bougies avec un bon gros rire :
— Oh ! pardon… Nous dérangeons des amoureux… Bénissez-les, l’abbé !…
Et ils repartent.