Et Florent demeure ; il ricane… J’éprouve toujours comme une flatterie personnelle, comme une victoire gagnée par moi, son désir de ma maîtresse, désir qu’il n’a jamais pu dissimuler et dont je suis bien sûr qu’il ne guérira pas, quoi qu’il advienne.
Il n’y a plus dans le petit salon que Fiste sur son divan, Florent droit près de la porte. Seul, un brasero éclaire à présent la pièce… Noelle tente de m’échapper ; elle veut rentrer dans la danse.
— Laisse-la partir, mais pas avant de la questionner… Tu sais les mots qu’il va falloir prononcer, ordonne l’Invisible…
Et je retiens l’adorable animal femelle qui rit du rire qui n’est qu’à elle et qui m’embrasse doucement et qui divague tendrement :
— Il faut que tu m’aimes grand comme jusqu’au ciel !
— C’est fait… et depuis longtemps, je t’assure !
— Bravo ; continue à mentir, murmure l’Autre.
Et je reprends, avec un air extasié :
— Alors… vraiment… tu l’as tuée pour m’avoir à toi toute seule ?
— Bien sûr, puisqu’elle ne voulait pas me laisser un peu de toi.