Alors, elle, sèchement :

— Admets que ce soit pour ma satisfaction personnelle et que tu ne veuilles rien lui devoir… Allons, dis-moi : à tout à l’heure… Et va lui dire adieu.

Sa voix avait frémi un peu, à peine. Elle parvint à dire gaiement :

— La journée ne va pas être drôle pour moi… Oh ! certes, je ne suis pas jalouse… quoique j’aie bêtement souffert de jalousie, cette nuit, et que je souffre encore en me rappelant le ton sur lequel, à l’orée de la garenne, tu lui criais que tu l’aimais, hier… Mais oui… tu mentais… j’en suis sûre ! Aide-moi à attendre demain… Que lui diras-tu, quand tu entreras dans sa maison de Vilhane ?

— Ève, suppliai-je, tu vas être cause que je n’irai pas… Tu iras, si tu le veux, toi-même…

— Non. Je la tuerais.

— Alors…

— C’est vrai, je suis folle… Va, mon chéri !

Je me penchai vers elle, et nouai mes poignets derrière sa taille :

— Il n’y a que toi dans la vie… que toi !…