Quand il parlait de la sorte, je l'aurais volontiers écouté jusqu'au jour, les yeux tout ronds et la bouche bée. Mais bientôt ma mère appelait Ursule et lui disait :

— Emmenez le petit, il tombe de sommeil…

Et cela faisait travailler ma cervelle, car ma mère, j'en étais sûr, savait parfaitement que je n'avais pas envie de dormir.

Enfin, au bout de trois mois, elle me demanda :

— Si tu avais un papa, comme qui voudrais-tu qu'il fût?

Et je répondis sans hésiter :

— Comme M. d'Escorral.

Ah! quels bons baisers ma pauvre maman me donna ce jour-là!

Le lendemain, M. d'Escorral arriva de bonne heure, seul.

Il avait quitté son costume de velours pour une redingote et un pantalon à sous-pieds. Il aurait eu fort grand air s'il n'avait porté sur son visage et sur toute sa personne les signes d'une intense émotion. En s'asseyant il manqua de choir.