M. Pickwick avait à peine dormi une demi-heure lorsque le petit capitaine, suivi de son escorte, arriva en faisant des enjambées aussi grandes que le lui permettaient sa taille et son importance. Quand il fut auprès du vieux chêne, il s'arrêta, il enfla ses joues et en chassa l'air avec noblesse; il regarda le paysage comme s'il eût pensé que le paysage devait être singulièrement flatté d'être regardé par lui; et enfin, ayant emphatiquement frappé la terre de son rotin, il convoqua le chef jardinier.

—Hunt! dit le capitaine Boldwig.

—Oui, monsieur, répondit le jardinier.

—Cylindrez le gazon de cet endroit demain matin. Entendez-vous, Hunt?

—Oui, monsieur.

—Et prenez soin de me tenir cet endroit proprement. Entendez-vous, Hunt?

—Oui, monsieur.

—Et faites-moi penser à faire mettre un écriteau menaçant de pièges à loup, de chausse-trapes et tout cela, pour les petites gens qui se permettront de se promener sur mes terres. Entendez-vous, Hunt? entendez-vous?

—Je ne l'oublierai pas, monsieur.

—Pardon, excuse, monsieur, dit l'autre jardinier en s'avançant avec son chapeau à la main.