—Quel ouvrage? demanda le goblin.
—Ma fosse, monsieur, la fosse que j'ai commencée, balbutia le sacristain.
—Ah! votre fosse, ah! Qui donc s'amuse à creuser des fosses dans un temps où tous les autres hommes ne songent qu'à se réjouir?»
Les voix mystérieuses répliquèrent encore: «Gabriel Grub! Gabriel Grub!
—J'ai peur que mes amis ne puissent pas se séparer de vous, Gabriel, dit le goblin en fourrant dans sa joue sa langue énorme! J'ai peur que mes amis ne puissent pas se séparer de vous, Gabriel!
—Sous votre bon plaisir, monsieur, répliqua le sacristain terrifié, je ne le pense pas, monsieur; ils ne me connaissent pas, monsieur. Je ne crois pas que ces illustres gentlemen m'aient jamais vu, monsieur.
—Oh! que si, reprit le goblin, nous le connaissons tous l'homme au visage sombre, au regard sinistre, qui traversait la rue ce soir en jetant un mauvais œil aux enfants et en serrant plus fort sa bêche de fossoyeur. Nous connaissons l'homme plein d'envie et de malice, qui a cassé la tête d'un bambin parce qu'il était heureux, et que cet homme ne pouvait pas l'être. Nous le connaissons! nous le connaissons!»
Ici le lutin fit retentir les échos d'un ricanement aigu; puis, jetant ses jambes en l'air, il se planta au bord de la pierre tumulaire, debout sur sa tête, ou plutôt sur la pointe de son chapeau; ensuite, faisant la culbute avec une incroyable agilité, il se retrouva juste aux pieds du sacristain, dans l'attitude favorite des tailleurs et des odalisques.
«Je crains.... je crains d'être obligé de vous quitter, monsieur, murmura le sacristain en faisant un effort pour se mouvoir.
—Nous quitter! s'écria le goblin, Gabriel Grub, nous quitter! oh! oh! oh!»