En parlant ainsi, il tortilla le papier, et regardant avec indolence du côté de Hugh, comme s'il eût voulu dire: «Vous voyez!» il le présenta à la flamme de la bougie. Quand le papier fut tout en flamme, il le jeta sur la grille, et l'y laissa se consumer.
«C'était adressé à mon fils, dit-il en se tournant vers Hugh; vous avez eu complètement raison de me l'apporter. Je l'ai ouvert sous ma responsabilité personnelle, et vous voyez ce que j'en ai fait. Prenez ceci pour votre peine.»
Hugh, s'avançant de quelques pas, reçut la pièce d'argent que M. Chester lui tendait. Lorsque ce dernier la lui remit dans la main, il ajouta:
» S'il vous arrivait de trouver quelque autre chose de cette sorte, ou de recueillir quelque renseignement qu'il vous parût que je pusse désirer connaître, apportez-les ici; voulez-vous, mon bon garçon?»
Cela fut dit avec un sourire qui signifiait, ou du moins Hugh le crut: «Manquez-y et vous me le payerez.» Il répondit qu'il n'y manquerait pas.
«Et ne soyez pas, reprit son patron, de l'air du plus affectueux patronage, ne soyez pas du tout abattu ou mal à votre aise au sujet de cette petite témérité dont nous avons parlé. Votre cou est aussi en sûreté dans mes mains que si c'était un baby qui le caressât dans ses petits doigts, je vous assure. Buvez encore un coup, maintenant que vous êtes plus tranquille.»
Hugh l'accepta de sa main, et, regardant à la dérobée sa figure souriante, il but en silence le contenu.
«Eh bien! vous ne buvez plus, ha, ha! vous ne buvez donc plus à la
Boisson? dit M. Chester, de sa manière la plus séduisante.
— À vous, monsieur, répondit l'autre d'un air assez gauche, en faisant quelque chose comme une révérence. C'est à vous que je bois.
— Merci. Dieu vous bénisse! À propos, quel est votre nom, mon brave homme? On vous appelle Hugh, oui, je sais; mais votre autre nom?