— Merci, monsieur! Je suis bien inquiet de ma mère. Je crains qu'elle ne soit pas en sûreté.»
Quelqu'un eut l'imprudence de demander quel danger elle courait; mais un «Chut!» scandalisé fut la réponse générale.
«Je crains qu'elle ne soit pas en sûreté pour l'éternité, monsieur, répondit Uriah en se tordant vers la voix; je voudrais savoir ma mère dans l'état où je suis. Jamais je ne serais arrivé à cet état d'âme si je n'étais pas venu ici. Je voudrais que ma mère fût ici. Quel bonheur ce serait pour chacun qu'on pût amener ici tout le monde.»
Ce sentiment fut reçu avec une satisfaction sans limites, une satisfaction telle que ces messieurs n'avaient, je crois, encore rien vu de pareil.
«Avant de venir ici, dit Uriah en nous jetant un regard de côté, comme s'il eût souhaité de pouvoir empoisonner d'un coup d'oeil le monde extérieur auquel nous appartenions; avant de venir ici, je commettais des fautes; mais, je puis maintenant le reconnaître, il y a bien du péché dans le monde; il y a bien du péché chez ma mère. D'ailleurs, il n'y a que péché partout, excepté ici.
— Vous êtes tout à fait changé, dit M. Creakle.
— Oh ciel! certainement, monsieur, cria ce converti de la plus belle espérance.
— Vous ne retomberiez pas, si on vous mettait en liberté? demanda une autre personne.
— Oh ciel! non, monsieur.
— Bien! dit M. Creakle, tout ceci est très-satisfaisant. Vous vous êtes adressé à M. Copperfield, Vingt-sept, avez-vous quelque chose de plus à lui dire?