«Vous sortez à cheval aujourd'hui, Trot? dit ma tante en entr'ouvrant ma porte.
— Oui, lui dis-je, je pars pour Canterbury. C'est un beau jour pour monter à cheval.
— Je souhaite que votre cheval soit de cet avis, dit ma tante, mais pour le moment il est là devant la porte, l'oreille basse et la tête penchée comme s'il aimait mieux son écurie.»
Ma tante, par parenthèse, permettait à mon cheval de traverser la pelouse réservée, mais sans se relâcher de sa sévérité pour les ânes.
«Il va bientôt se ragaillardir, n'ayez pas peur.
— En tout cas, la promenade fera du bien à son maître, dit ma tante, en regardant les papiers entassés sur ma table. Ah! mon enfant, vous passez à cela bien des heures. Jamais je ne me serais doutée, quand je lisais un livre autrefois, qu'il eût coûté tant de peine, tant de peine à l'auteur.
Il n'en coûte guère moins au lecteur, quelquefois, répondis-je. Quant à l'auteur, son travail n'est pas pour lui sans charme, ma tante.
— Ah! oui, dit ma tante, l'ambition, l'amour de la gloire, la sympathie, et bien d'autres choses encore, je suppose? Eh bien! bon voyage!
— Savez-vous quelque chose de plus, lui dis-je d'un air calme, tandis qu'elle s'asseyait dans mon fauteuil, après m'avoir donné une petite tape sur l'épaule, … savez-vous quelque chose de plus sur cet attachement d'Agnès dont vous m'aviez parlé?»
Elle me regarda fixement, avant de me répondre: