— Bonsoir, John! dit le petit homme. Bonsoir, Mum, bonsoir, Tilly. Bonsoir, l'inconnu. Comment va le baby, Mum? Boxer va bien aussi, j'espère?

— Tout va à merveille, Caleb. Vous n'avez qu'à voir l'enfant, d'abord, pour être sûr qu'il va bien.

— Je n'ai besoin aussi que de vous voir pour être sûr que vous allez bien, dit Caleb.

Cependant il ne la regardait pas, car il avait un regard pensif et incertain qui s'égarait sur tout autre objet que celui dont il parlait. On pouvait en dire autant de sa voix.

— J'en dirai autant de John, de Tilly et de Boxer.

— Vous avez été occupé jusqu'à présent, Caleb? dit le voiturier.

— Oui, à peu près, répondit-il avec l'air distrait d'un homme qui cherche la pierre philosophale. Un peu trop, peut-être. Les arches de Noé sont très demandées en ce moment. J'aurais voulu un peu perfectionner les gens de la famille, mais ce n'est guère possible au prix auquel il faut les donner. On aimerait à pouvoir distinguer Sem de Cham, et les hommes des femmes. Il ne faudrait pas faire les mouches si grosses en proportion des éléphants. A propos, John, avez-vous quelque paquet pour moi?

Le voiturier mit la main dans une des poches du surtout qu'il venait de quitter, et en tira un petit pot à fleurs.

— Le voilà, dit-il, avec le plus grand soin. Il n'y a pas une feuille d'endommagée. Il est plein de boutons.

L'oeil terne de Caleb se ranima en le prenant, et il remercia
John.