— On ne peut la tromper, dit le voiturier en riant. Venez, monsieur, vous serez bien reçu; n'ayez pas peur.
Il parlait haut, et le monsieur sourd entra.
— Il n'est pas tellement étranger que vous ne l'ayez déjà vu autrefois, Caleb, dit le voiturier. Vous lui donnerez une chambre dans la maison jusqu'à ce que nous partions.
— Certainement, John; et ce sera un honneur pour nous.
— Il n'y a pas de meilleure société que la sienne pour parler en secret, dit John. J'ai de bons poumons, mais il les met à l'épreuve, je vous assure. Asseyez-vous, monsieur. Ce sont tous des amis, et ils sont charmés de vous voir.
Lorsqu'il eut donné cette assurance d'un ton de voix qui prouvait ce qu'il avait dit de ses poumons, il ajouta de son ton ordinaire: — Donnez-lui une chaise au coin de la cheminée, laissez-le s'asseoir en silence et regardez-le amicalement; c'est tout ce dont il a besoin. Il est facile à contenter.
Berthe avait écouté avec attention. Il fit venir Caleb à son côté, quand il eut placé la chaise, et elle lui demanda de lui dépeindre le nouveau venu. Lorsqu'il l'eut fait avec une fidélité vraiment scrupuleuse, elle fit un mouvement, le premier depuis que cet homme était entré, et après cela elle sembla ne plus prendre intérêt à lui.
Le brave voiturier était tout joyeux, et plus amoureux de sa petite femme que jamais.
— Ma Dot n'est guère bien mise, dit-il en l'embrassant quand elle fut un peu à l'écart, mais je l'aime autant comme cela. Voyez là- bas, Dot.
Il lui montrait le vieillard, Dot baissa les yeux; je crois qu'elle tremblait.