—Avez-vous appris quelque chose de sa vie, Joe?
—Rien de particulier, Pip.
—S'il vous plaisait d'en apprendre, Joe..., commençai-je à dire, quand Joe se leva et vint à mon sofa.
Voyez-vous, Pip, mon vieux camarade, dit-il, nous sommes toujours les meilleurs amis, n'est-ce pas, Pip?»
J'étais gêné pour lui répondre.
«Très bien, alors, dit Joe, comme si j'avais répondu, tout est pour le mieux, c'est convenu; pourquoi entrer dans des explications qui, entre deux personnes comme nous, sont des sujets inutiles! Dieu! pensez à votre pauvre sœur et à ses colères, et ne vous souvenez-vous plus de son bâton?
—Si fait, je m'en souviens, Joe.
—Voyez-vous, Pip, mon vieux camarade, dit Joe, je faisais tout ce que je pouvais pour mettre une séparation entre vous et le bâton; mais mon pouvoir n'était pas toujours égal à mes intentions, car lorsque votre pauvre sœur avait dans la tête l'idée de tomber sur vous, il était assez dans son habitude favorite de tomber sur moi, si je faisais de l'opposition, et de retomber ensuite encore plus lourdement sur vous; j'ai souvent remarqué cela. Ce n'est pas en tiraillant la barbe d'un homme, ni en le secouant deux ou trois fois (ce dont votre sœur ne se privait pas) qu'on empêche un homme de se mettre entre un pauvre petit enfant et un châtiment; mais quand ce pauvre petit enfant n'en est que plus sévèrement châtié, parce qu'on a secoué l'autre et tiré sa barbe, alors cet homme se dit naturellement à lui-même: «Où est le bien que tu as voulu faire? Je t'avoue, se dit l'homme, que je vois le mal, mais que je ne vois pas le bien, je m'en rapporte à vous, monsieur, pour m'en montrer le bien.»
—L'homme dit cela? observai-je, en voyant que Joe attendait ma réponse.
—Oui, l'homme dit cela, reprit Joe. Et a-t-il raison, cet homme, de dire cela?